[CRITIQUE] Les Sept Mercenaires, d’Antoine Fuqua

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Halte au western spaghetti ! Si Quentin Tarantino avait ouvert la brèche en 2016 avec Les Huit Salopards, Antoine Fuqua reprend le flambeau avec Les Sept Mercenaires, remake du film de John Sturges (1960). Si le chiffre diminue et que l’ambition n’est pas la même, cette nouvelle version du western modernise les clichés du film original pour livrer un excellent mélange de genre, où l’action prédomine. Hautement divertissant, fun et décomplexé, Les Sept Mercenaires secoue le coté kitch du western dans un film punchy, coloré et surtout badass. En même temps, avec Denzel Washington en tête d’affiche, que demander de plus ?

Le pitch : L’industriel Bartholomew Bogue règne en maître sur la petite ville de Rose Creek. Pour mettre fin au despotisme de l’homme d’affaires, les habitants, désespérés, engagent sept hors-la-loi, chasseurs de primes, joueurs et tueurs à gages – Sam Chisolm, Josh Farraday, Goodnight Robicheaux, Jack Horne, Billy Rocks, Vasquez, et Red Harvest. Alors qu’ils se préparent pour ce qui s’annonce comme une confrontation sans pitié, ces sept mercenaires prennent conscience qu’ils se battent pour bien autre chose que l’argent…

je l’avoue, j’étais un peu fâchée contre Antoine Fuqua, le réalisateur de Training Day, mais aussi de La Chute de la Maison Blanche (2013), Equalizer (2014) et La Rage Au Ventre (2015) – bien que celui-ci m’ait plu, son traitement parfois sans surprise le rendait un peu trop facile. Pourtant, si on m’avait dit que je me rabibocherai avec lui grâce à un western, je n’y aurai pas cru. Les westerns, franchement, ce n’est pas ma cup of tea. En dehors des téléfilms de Terence Hill et Bud Spencer quand j’étais gamine, ce n’est pas un genre qui me plait plus que ça… sauf quelques exceptions incluant Tom Hardy, Quentin Tarantino ou un casting prometteur comptant Denzel Washington, Chris Pratt et Ethan Hawke dans ses rangs.
Bref, je peux être influençable…

Remake du film de John Sturges, lui-même remake américanisé du film Les Sept Samouraïs d’Akira Kurosawa (1954), Les Sept Mercenaires 2.0 revisite le western spaghetti avec un panache effronté, tordant le coup aux clichés pour imprimer au genre un style graphique et décomplexé. Sans y aller par quatre chemins, le film d’Antoine Fuqua repose uniquement sur sa mise en scène et le capital sympathie de ses acteurs : certains diront que c’est très peu, personnellement, je dis banco.
Pourquoi ? Tout simplement parce que le film est ultra fun, grisant presque, car Antoine Fuqua grossi à la loupe les clichés usés et désuets des westerns old school : les personnages patibulaires au regard plissé, les face-à-faces à la Lucky Luke, les surnoms de gangsters qui feraient rougir certains rappeurs US et la théâtralité des échanges, le réalisateur ne se prend pas au sérieux et distille un second degré jubilatoire et conquérant. Péchu et assumé, Les Sept Mercenaires aligne ses caricatures avec aplomb, tout en gardant un sens de réalité qui évite de virer au clownesque. En effet, Antoine Fuqua reprend l’histoire originale et son approche moderne rend la tension du film plus dense et plus prenante, au fur et à mesure que le film avance. Bien qu’il soit marqué de repères prévisibles au fer rouge, Les Sept Mercenaires se révèle très fluide et plaisant, dopé par un casting génial qui s’amuse visiblement à jouer les cowboys à l’ancienne.

Le vrai point fort du film reste surtout sa mise en scène. Antoine Fuqua mise tout sur le visuel : une photographie travaillée qui modernise les westerns ensablés, des plans réjouissants pour mettre en valeur ses personnages et surtout de l’action purement badass et explosée, léchée par une mise en scène qui en met plein les yeux. Entre rebondissements et affrontements, je ne me suis pas ennuyée une minute devant Les Sept Mercenaires. Oui, c’est un remake ; oui, le film ne réinvente pas le western, mais Antoine Fuqua propose un ensemble solide et divertissant, avec une pointe de second degré lucide qui rend le tout aussi irrésistible que crédible.

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Avec son casting trois étoiles, Les Sept Mercenaires s’assurait déjà de partir du bon pied (même si un bon casting ne signifie pas forcément un bon film, je sais). Antoine Fuqua retrouve Denzel Washington (Equalizer, Flight, Unstoppable…), magnifique en toutes circonstances, l’acteur mène la danse et laisse son charisme faire le reste. Comme pour se rappeler le bon vieux temps, les retrouvailles avec Ethan Hawke (Régression, Boyhood, American Nightmare…) rappellent bien évidemment Training Day, tandis que Chris Pratt (Jurassic World, Les Gardiens de la Galaxie, La Grande Aventure Lego…) apporte sang neuf et décontraction au trio de tête.
Autour d’eux, Vincent D’Onofrio (Daredevil…) est excellent, Martin Sensmeier intrigue, Lee Byung-hun (Terminator: Genisys…) parvient à tirer son épingle du jeu mais Manuel Garcia-Rulfo (Cake…) se perd un peu dans ce septuor plein de testostérone.
A l’affiche également, Haley Bennett (Hardcore Henry, Equalizer…) apporte une touche de féminité sans forcément jouer les potiches de service – et ça fait plaisir. Luke Grimes (American Sniper, Cinquante Nuances de Grey…) passe un chouilla inaperçu, aux cotés d’un Cam Gigandet (Priest…) peu mémorable, contrairement à Matt Boomer (American Horror Story, The Nice Guys…) qui a même réussi à avoir son nom au générique (GG).
Enfin, Peter Sarsgaard (Strictly Criminal, Very Good girls, Night Moves…) est parfait en méchant pas beau, grâce à une écriture du personnage à contre-emploi qui s’éloigne des clichés de vilain manichéen et stérile.

En conclusion : fun, stylé et souvent jubilatoire, Antoine Fuqua modernise un classique avec un casting trois étoiles, une ambiance survoltée au kitch assumé et décomplexé. Parfait mélange de genres, entre action et western, Les Sept Mercenaires divertit et fait passer un excellent moment, à condition d’adhérer au second degré qui investit tous les clichés du film. À voir !

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