[CRITIQUE] Bridget Jones Baby, de Sharon Maguire

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Le pitch : Après avoir rompu avec Mark Darcy, Bridget se retrouve de nouveau célibataire, 40 ans passés, plus concentrée sur sa carrière et ses amis que sur sa vie amoureuse. Pour une fois, tout est sous contrôle ! Jusqu’à ce que Bridget fasse la rencontre de Jack… Puis retrouve Darcy… Puis découvre qu’elle est enceinte… Mais de qui ???

Ce nouveau volet de Bridget Jones, c’est le genre de film que l’on va voir avec beaucoup d’excitation, mais tout de même un peu de crainte. Pour ma part, Bridget Jones c’est avant tout un livre écrit par Helen Fielding (pour la petite histoire, je l’avais confondu avec Joy Fielding en fait) que j’avais découvert par hasard et qui m’avait fait mourir de rire. L’adaptation réalisée par Sharon Maguire en 2001, malgré ses quelques écarts avec le bouquin, était largement à la hauteur, doux mélange entre comédie romantique sucrée et anti-héroïne rondouillette, fun et maladroite qui rendait l’histoire aussi drôle, que tendre et accessible. Et puis il y avait Colin Firth en Mark Darcy.
Le deuxième livre était déjà moins fendard et cela s’est ressenti avec un Bridget Jones 2 : L’Âge de la Raison, réalisé par Beeban Kidron en 2004, plutôt moyen (mais qui, pour la petite histoire, m’a valu un gros coup de stress quand j’ai eu à passer la douane en Thaïlande en 2007). Mais bon, il y avait toujours Colin Firth en Mark Darcy.
Dix ans plus tard, et probablement après une traversée du désert, Helen Fielding s’est dit « tiens, et si j’écrivais un autre livre de Bridget Jones ? ». Oh oui, tiens, pourquoi pas ? « En plus ma pote Sharon Maguire fait pas grand chose en ce moment..  Renée, non plus… Allez hop, au boulot ! » s’est sûrement dit l’auteure avant de s’atteler à sa machine à écrire, la pipe au bec (j’imagine).
Et là, c’est le drame. En 2013, le livre Bridget Jones : Folle de Lui est enfin disponible et, patatra ! SPOILER POTENTIEL : L’auteur a eu l’idée atroce de tuer Mark Darcy. LE Mark Darcy. C’est à dire le fiancé de rêve d’une génération de Bridget Jones ! Quelle horreur. Je n’ai jamais réussi à finir le livre, personnellement U_U

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Heureusement, cette affreuse idée n’a pas suivi quand le projet de faire un troisième film est né. Sharon Maguire est de retour à la barre, armée d’un scénario solide écrit par Emma Thompson et Dan Mazer (réalisateur de Mariage à l’Anglaise et de Dirty Papy).
Découvrir Bridget Jones Baby, c’est comme retrouver une amie de longue date que l’on avait perdu de vue, et se sentir comme si on l’avait pourtant vu la veille. Le film renoue avec la célibataire anglaise avec une nostalgie agréable, renouant avec le premier film, ses personnages phare (même s’il faut faire avec une mauvaise nouvelle dès l’intro !) et le ton léger de Bridget, qui aborde aujourd’hui la quarantaine.
Plus mature, plus installée professionnellement, Bridget Jones Baby continue de faire naviguer son personnage à contre-courant, alors que ses amis semblent être rentrés dans le moule. Toujours dans l’air du temps, le film questionne l’image de la femme quarantenaire et actuelle, tout en la mettant face à un monde moderne et super connecté. Devant tant de mentalité changeante, quoi de plus contestataire qu’une grossesse surprise et deux papa potentiel ?
Encore une fois, le cœur de Bridget balance entre deux prétendants, dont Mark Darcy, alors qu’elle s’apprête à devenir maman. Alors que devant les bandes-annonces je me demandais pourquoi elle ne pouvait pas simplement faire un test de paternité, le film trouve un moyen habile de contourner la question (j’aurai aussi flippé devant la taille de l’aiguille) afin de faire durer un suspens sucré et excitant pendant tout le film.

Drôle, romantique et même sexy, Bridget Jones Baby est exactement le genre de chick-flick que j’aime, parfois girly voire même gnan-gnan, mais assumé et porté par une énergie folle qui donne le sourire en permanence et un scénario malin, plein de surprises et sans fausse note. Boosté par la nostalgie du premier film, Sharon Maguire conserve une Bridget Jones moderne et accessible, adaptée aux femmes de tout âge (et tant pis pour ceux ou celles qui serviront d’accompagnateurs), parvenant même à me faire apprécier Patrick Dempsey !
Il y a 15 ans, Bridget Jones donnait déjà un coup de pied aux conventions en « normalisant » ces trentenaires célibataires considérées par des bêtes de foire. Aujourd’hui, le film continue sur sa lancée, offrant un portrait différent de femmes au cinéma. Certes, Bridget Jones Baby lorgne toujours du coté des contes de fées avec ces hommes presque parfaits qui tournent autour d’une femme trop gauche, un peu perchée et anciennement rondelette (dans cet opus, Bridget dit avoir atteint son poids idéal), mais ce sont justement les travers de cette héroïnes qui en font notre bonne copine, un miroir de nos défauts comme pour nous rappeler, s’il le fallait, que la perfection n’existe pas et n’est certainement pas un critère pour être amoureux et/ou heureux.

Au casting, Renée Zellweger (My Own Love Story, Appaloosa, Jeux de Dupes…) reprend le rôle titre et même si la presse américaine en fait des tonnes sur son physique, je l’ai trouvée plus à l’aise en tant que Bridget, dans une version plus mature mais toujours aussi folle-dingue. À ses cotés, Colin Firth (Kingsman : Services Secrets, Magic in The Moonlight, Avant d’Aller Dormir…) est également de retour, toujours aussi craquant et impeccable en Mark Darcy, tandis que Patrick Dempsey (Transformers 3, Valentine’s Day, Le Témoin Amoureux…) entre dans la compétition, pour remplacer un Hugh Grant absent, créant un affrontement plus difficile puisque qu’il ne s’agit plus de choisir entre Daniel Cleaver/le salaud et Mark Darcy/l’homme parfait : en effet, Jack Qwant s’impose un amoureux tout a fait acceptable pour Bridget.
A l’affiche également, Emma Thompson (À Vif !, Men, Women & Children, Dans L’Ombre de Mary…) est rare mais toujours géniale à chaque apparition, tandis que nous retrouvons Jim Broadbent (Tarzan…), Gemma Jones (Harry Potter et les Reliques de la Mort…), James Callis, Shirley Henderson (Tale Of Tales…) et Sally Phillips, tandis que Sarah Solemani (The Bad Education Movie…) entre dans la danse sans effort.

En conclusion, Bridget Jones Baby est un excellent come-back. Sharon Maguire signe un troisième volet dynamisé par beaucoup d’humour, de romantisme girly, une bonne dose de modernité et un peu de nostalgie. Seul défaut : il n’y aura jamais jamais jamais assez de Colin Firth ! À voir !
Tiens, et puis c’est quoi cette fin ouverte ? Oserait-on un quatrième volet ? L’avenir nous le dira.

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3 réflexions sur “[CRITIQUE] Bridget Jones Baby, de Sharon Maguire

  1. Je suis entièrement d’accord avec toute ta critique… J’y suis allée un peu méfiante mais j’ai passé un excellent moment. Heureusement que la réalisatrice n’a pas suivi l’idée ATROCE du tome de Helen Fielding. Plus de Mark Darcy = plus de Bridget Jones pour ma part ! J’ai entendu dire qu’il y aurait peut-être un quatrième film, espérons que si c’est le cas Colin Firth sera toujours présent (sinon je boycotte !! 😛 )

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