[CRITIQUE] Ouija : Les Origines, de Mike Flanagan

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Mieux écrit et moins superficiel que le premier opus, Ouija : Les Origines tente de s’inscrire comme un film plus mature et plus noir. Si l’intrigue est sympathique et les personnages intéressants, le film de Mike Flanagan a au moins le mérite de faire passer un bon moment, grâce à une approche décalée et certes un peu clownesque parfois des codes de l’horreur, sans pour autant réussir à faire frissonner ne serait-ce qu’une fois. Dommage.

Le pitch : À Los Angeles en 1965, une veuve et ses deux filles montent une nouvelle arnaque pour pimenter leur commerce de séances de spiritisme bidon. Chemin faisant, elles font involontairement entrer chez elles un esprit maléfique bien réel. Lorsque la fille cadette est possédée par la créature impitoyable, la petite famille doit surmonter une terreur dévastatrice pour la sauver et renvoyer l’esprit de l’autre côté…

L’annonce d’une suite au film Ouija a été une sacrée surprise. Mais en y regardant de plus près, tout s’explique : le film de Stiles White a plutôt cartonné au box-office mondial puisqu’à l’époque il est sorti à point nommé pour Halloween 2013 (alors qu’en France, il est sorti bien plus tard en 2014). Bercé par la hype d’Halloween, Ouija a eu son petit effet, surtout qu’il ciblait essentiellement les adolescents en quête de frissons.

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Cette fois-ci, Ouija : Les Origines ne rate pas (trop) le coche en sortant juste après Halloween, mais le véritable effort du film c’est d’avoir finalement changé son fusil d’épaule. En effet, le premier Ouija était totalement desservi par une ambition superficielle et mal fagotée, livrant un film adolescent, fonctionnant aux jumpscares et autres crétineries sur lesquelles je ne m’attarderais plus. En racontant la préquelle, le film de Mike Flanagan (The Mirror…) propose un décor plus sombre et plus soigné, cédant beaucoup moins à la facilité en se calquant sur la concurrence plus efficace (Conjuring, Insidious…) pour élaborer une intrigue plus approfondie et moins caricaturale.
Ouija : Les Origines reprend justement depuis le début, au moment de la sortie du jeu Hasbro (dont les films sont inspirés) qui va inspirer une mère de famille à étoffer sa petite mascarade. En effet, le film opte pour un ton décalé, semblant ne pas prendre au sérieux son sujet avec cette fausse voyante qui utilise ses deux filles comme des complices… jusqu’au moment où un véritable esprit malveillant s’invite à la fête. Pendant quelques minutes, Ouija : Les Origines arrive à presque semer le trouble, parce que les enfants possédés sont toujours un peu flippants et que la petite Doris joue le jeu à merveille. Mais rapidement, tout tombe à plat : Mike Flanagan commet une erreur de débutant en montrant son atout principal beaucoup trop tôt, rendant l’ensemble du film transparent et prévisible. Si l’histoire reste attrayante, j’ai passé finalement plus de temps à rire qu’à frissonner car Ouija : Les Origines a beau tisser une trame relativement solide, il lui manque néanmoins la base : de l’angoisse.

ouija2_aEntre la révélation trop hâtive du twist et l’absence de tension, suspens ou même du moindre jumpscares, le film de Mike Flanagan s’enlise dans la banalité prévisible, vaguement égayé par des pointes d’humour, volontaires ou non, et l’aspect vintage du film. De plus, il faut également noter des effets spéciaux souvent approximatifs qui nuisent à la crédibilité de l’ensemble (notamment le cours de couture express qui est tout simplement raté), même si le visage clownesque de l’enfant possédée m’a plutôt fait sourire.
En restant objective, Ouija : Les Origines est tout de même plus réussi que le premier film qui m’avait tout bonnement agacée à cause de sa médiocrité teintée d’une flemmardise et d’un amateurisme flagrant. Ici, Mike Flanagan essaie d’étoffer cette préquelle globalement sympathique et plus soignée, mais finit totalement par oublier qu’il s’agit d’un film d’épouvante, du coup Ouija : Les Origines est marrant mais… était-ce vraiment l’objectif souhaité ? J’en doute. En tout cas, cela ne suffit pas, le résultat s’avère moyen et anecdotique. Sachant que les histoires d’esprits et de fantômes sont généralement mon point faible, je peux vous dire que j’ai dormi comme un bébé (et je sais que vous êtes content de le savoir).

Au casting, Elizabeth Reaser (Mad Men, Twilight…) joue les chefs de famille et Annalise Basso (Captain Fantastic, The Red Road…) lui fait écho, toutes deux suffisamment convaincantes pour nous entraîner dans le film, tandis que Lulu Wilson (Délivre-Nous Du Mal…) est la petite star du film, certes maladroitement exploitée mais toujours très à l’aise dans son personnage aux apparences trompeuses. Face à ce trio féminin, Henry Thomas (Big Sur, Cher John…) a tendance à en faire trop (complexe d’infériorité ?).

En conclusion, dans la série des films d’horreur proposés en cette fin d’année, Ouija : Les Origines propose un divertissement sympathique, plus soigné que le premier opus… mais coté flippe, il ne se passe vraiment rien du tout. À tenter…

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