[CRITIQUE] Tamara, d’Alexandre Castagnetti

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Le pitch : Tamara, 15 ans, complexée par ses rondeurs, décide à son entrée en seconde de se débarrasser de son étiquette de « grosse ». Pour clouer le bec des mauvaises langues, elle fait le pari avec sa meilleure amie de sortir avec le premier garçon qui passera la porte de la classe. Manque de bol, ce garçon s’avère être Diego, le plus beau mec du lycée. Le pari se complique pour Tamara…. Entre les sales coups des garces du lycée, une mère poule, les conseils « drague » de sa petite sœur, Tamara va vivre une année mémorable !

Adapté d’une bande-dessinée du même nom, Tamara conserve le même ton et propose une comédie pour ados aussi simple que facile et pourtant efficace. En effet, le film d’Alexandre Castagnetti (Amour et Turbulences…) assume parfaitement son orientation et retrace le parcours d’une lycéenne un peu ronde, complexée par son étiquette de « grosse », mais bien décidée faire tomber le beau gosse du lycée dans ses filets. Un peu fleur bleue, très mignonnet et calibré pour un public bien ciblé, le film Tamara ne manque pas de fraîcheur et de légèreté qui pourrait bien attendrir même les plus sceptiques.

tamara1En effet, Tamara ne cherche pas à déformer son traitement et choisit intelligemment d’utiliser ses propres clichés sur les ados à son avantage, créant ainsi des personnages et des situations accessibles et crédibles, sans pour autant virer à l’exagération. Ici pas d’exploration de la jeunesse version extrême à la Projet X ou autre Skins, mais tout simplement des ados avec leurs complexes et inquiétudes en toute simplicité, avec une bonne pincée d’humour pour faire passer la pilule. Ainsi, là où l’adaptation d’une autre BD pourtant pas si éloignée mais visant un public plus adulte (j’ai nommé Joséphine) ratait lamentablement le coche en se focalisant grossièrement sur les complexes de son héroïne pour sous-traiter une romance terne hantée par des personnages lourds et carrément idiotis, Tamara propose un ensemble qui survole aussi bien les problématiques d’adolescentes que les relations amoureuses en général, avec un naturel appréciable et décomplexé (!). Le film se focalise sur une héroïne attachante qui ne se définit pas uniquement par ses rondeurs, mais à travers un caractère bien trempé et un humour omniprésent, évitant ainsi d’en faire un souffre-douleur tête-à-claques, entourée par des camarades de jeu qui remplissent certes un rôle stéréotypé mais sans être totalement creux. De plus, le film élargit son spectre en s’intéressant à la dimension familiale autour de Tamara, étoffant un peu plus son propos sur les relations humaines et permettant ainsi à un public plus âgé d’adhérer au film sans se sentir trop déconnecté.

Finalement, ado ou pas, j’ai aimé Tamara car malgré mon âge, je me suis retrouvée dans cette trame qui m’a rappelé mes années lycée, tandis que la sous-intrigue liant les personnages adultes donne plus de corps à cette histoire très naïve, mais plaisante. En effet, le film d’Alexandre Castagnetti fait l’effet d’un conte de fées sur pattes, tricotant une romance qui en a fait rêvasser plus d’un(e) hier et aujourd’hui (avouons-le), tout en évitant de dériver vers la caricature. Tamara évite brillamment les pièges, parvenant à montrer la cruauté et la superficialité adolescente sans être trop moqueur ni sarcastique, et si le film reste tout de même très naïf et facile, il accomplit son exercice à merveille.tamara3

Au casting, Héloïse Martin est une jolie découverte, à la tête d’un cortège d’acteurs plus ou moins confirmés mais tous très attachants : Rayane Bensetti, la coqueluche de TF1 (Pep’s Coup de Foudre à Jaipur…), s’en sort plutôt bien mais devrait tenter de prendre des risques dans ses choix de rôle, Oulaya Amamra est géniale en side-kick wesh-wesh (et pourtant si loin de sa performance incroyable dans Divines !). Coté adultes, Sylvie Testud (Arrête Ton Cinéma !, Au Plus Près Du Soleil…) n’en fait, pour une fois, pas trop, tandis que Cyril Gueï (Les Reines du RingJoséphine…) anime leur échange avec humour. A l’affiche également, un Bruno Salomone (Sharknado 3, Le Secret d’Elise…) un peu décevant, une Blanche Gardin (WorkinGirls, Adopte Un Veuf…) dont je me serais bien passée (surtout avec les propos un peu limites de son personnage) et la jeune Ina Castagnetti (fille de) qui vaut le détour, surtout quand elle joue les karatékas (ouvrez l’œil, c’est super drôle mais très rapide).

En conclusion, entre famille recomposée, réputation au lycée et réseaux sociaux, Tamara dresse le portrait d’une génération actuelle, colorée, rafraîchissante et vivante, qui donne un peps indéniable au film, l’emportant par son rythme enlevé et attendrissant. En fait, si les rondeurs de Tamara sont le point de départ du film, l’histoire se démarque rapidement de ce postulat et construit ses personnages à partir de leur faiblesse commune et principale : le manque de confiance (en soi). Je ne peux qu’approuver un tel message dans un film destiné aux jeunes. À voir, même si vous n’êtes plus au lycée.

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