[CRITIQUE] Friend Request, de Simon Verhoeven

friendrequestLe pitch : Laura, étudiante branchée, partage sa vie sur Facebook avec ses 800 amis. Par gentillesse, elle accepte la demande d’ami de Marina, une étudiante introvertie mais qui devient vite envahissante. En tentant de la supprimer de sa liste d’amis, Laura va déclencher des forces paranormales et voir ses proches être décimés les uns après les autres…

2 ans après le film Unfriended, c’est au tour de Simon Verhoeven de cristalliser l’obsession des gens face aux réseaux sociaux et la popularité avec Friend Request. Petit aparté avant tout : notez que si Simon Verhoeven est le petit-fils de Paul Verhoeven, il ne s’agit pas DU Paul Verhoeven. Inutile donc de s’attarder sur le fait que le talent n’est pas héréditaire…

Si Unfriended était audacieux par sa forme, Friend Request fait non seulement l’effet d’une redite mais puise également ses idées dans les films d’horreur actuels : à savoir le cinéma à faible budget, flemmard et nourris par des jumpscares agaçants, à défaut d’une véritable tension et/ou ambition.
Le film de Simon Verhoeven n’échappe pas à cette malédiction. Pourtant, les premières minutes sont intéressantes : bien que le film soit d’origine allemande (sorti en Allemagne depuis janvier !), Friend Request se penche sur un groupe d’étudiants américains et leurs obsessions (ou addiction) pour les réseaux sociaux et leurs cotes de popularité. Du coup, j’ai d’abord excusé les clichés – de l’héroïne bienveillante et toute gentille à la fille bizarre de service qui, forcément, à un grain – parce que le film pose un décor attrayant, presque assumé (et aussi parce que j’ai largement revu mes attentes à la baisse quand j’arrive devant un film d’horreur, sauf rare exception). L’autre bon point du film, c’est de ne pas avoir céder à la mode des fantômes et autres possessions démoniaques pour proposer quelque chose de différent, voire rafraîchissant, en s’intéressant aux pratiques occultes telles que la sorcellerie. Le film ose même une métaphore intéressante (mais peu exploitée) entre son sujet mystique et son application moderne (les personnages se contemplent souvent devant l’écran noir de leur ordinateur, ce qui rappelle la théorie du miroir noir qui dissimule les apparences – je spoile un peu). J’avoue que je me demande même si cette métaphore était volontaire…

friendrequest5

Malheureusement, le positif s’arrête là. Une fois la machine lancée, Friend Request s’enlise dans la soupe sans saveur, s’acharnant à décimer ses personnages un à un dans des scènes poussives et sans véritable intérêt. Simon Verhoeven passe douloureusement à coté de plusieurs occasions qui auraient pu faire grimper la tension, pour rester dans la contemplation passive à travers des plans fixes… comme si c’était au spectateur de faire tout le travail d’imagination ! Pourtant, je ne peux pas dire que le réalisateur n’essaie pas, au contraire : Friend Request soutient un rythme dense et tente vraiment de nous amener dans son monde. Mais l’exécution manque de précision et d’idées neuves, entre des effets spéciaux carrément cheap, des personnages transparents (mais surhumains ! je serais incapable de piquer un sprint après avoir été poignardée dans le ventre, personnellement…) et des emprunts bien trop visibles à d’autres films d’horreur plus marquant (Ring, en tête de liste).

Au casting, Alycia Debnam-Carey (Black Storm, The 100…) chouine beaucoup tout au long du film, supportée par une galerie de personnages interchangeables et clichés, mollement incarnés par Connor Paolo (Gossip Girl, Revenge...), William Moseley (Le Monde de Narnia…) et Brit Morgan (True Blood...) ; tandis que Liesl Ahlers se coltine le rôle de l’emo mentalement instable.

En conclusion, si Unfriended avait échoué dans son rôle de film d’horreur, il s’avérait néanmoins drôle et inventif, contrairement à Friend Request qui, même en surfant sur la même vague, livre un vague film qui se démarque à peine de la masse, dégrossi à coups de clichés et sans ambition. A éviter.

Publicités

2 réflexions sur “[CRITIQUE] Friend Request, de Simon Verhoeven

  1. Friend Request est original. Cela dit, j’ai été un peu déçue, car le film ne fait pas peur. En revanche, j’ai aimé la fin de l’histoire où l’on découvre les intentions de Marina.

  2. Ahah, j’ai tellement ri devant la scène du sprint, aussi… C’est tellement gros que je me suis demandée comment on pouvait oser ça sans vergogne, aucune. Surtout quand elle se vide de son sang dans le taxi et que le chauffeur se pose pas plus de questions que ça (mais bon, après, elle a l’air d’avoir aussi 80 dollars en poche tout naturellement pour payer la course)(et puis, un taxi qui passe par hasard devant une usine de découpe de bois, c’est trop beau les coïncidences tout de même).

    Malgré ça, c’est un truc sympathique pour débrancher son cerveau avec un saladier de bonbons et, en ce qui me concerne, davantage de scènes m’ont faite sursauter dans ce Friend Request que dans le douloureux et poussif Unfriended (le démon de Skype et ses ex- potos craignos). Concernant ce dernier, l’idée de départ est bonne, mais elle se noie dans le cadre trop restreint qu’elle s’est elle-même imposée (une fenêtre d’ordinateur, tout de suite, ça limite les possibilités).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s