[CRITIQUE] Oppression, de Farren Blackburn

oppression
Le pitch : Depuis le décès de son époux, Mary, pédopsychiatre, vit seule avec son beau-fils dans un chalet isolé de la Nouvelle-Angleterre. À l’approche d’une violente tempête de neige, Tom, l’un de ses jeunes patients, est porté disparu. Mary, tout à coup sujette à des hallucinations et prise de paranoïa, est bien décidée à retrouver le jeune garçon avant qu’il ne disparaisse à jamais.

3 ans après son premier film, Farren Blackburn, plus connu pour avoir réalisé des épisodes de séries (Doctor Who, Luther, Daredevil…), livre un nouveau long-métrage, un thriller qui mérite bien son nom, qui, malgré ses faiblesses lors du dernier acte, offre quelques frissons bien sympathiques.
D’entrée de jeu, Oppression ne s’empêtre pas dans les détails en expédiant une introduction hâtive pour mieux entrer dans le vif du sujet. Grâce à une ambiance noire et glacée, le film de Farren Blackburn joue avec les codes horrifiques, laissant son héroïne s’enfoncer dans une tourmente mêlant paranoïa et culpabilité. Oppression sème le doute en jouant avec nos nerfs, laissant des portes ouvertes entre le paranormal et la réalité pour mieux brouiller les pistes, avec succès.
En effet, Farren Blackburn nous mène, dans un premier temps, par le bout du nez au fur et à mesure que Naomi Watts perd pied. Pourtant, même si l’exercice est plaisant, Oppression manque parfois d’éclat et d’inventivité. En effet, le film surprend et réussit à créer de vrais moments de frissons, grâce à une atmosphère justement oppressante et souvent haletante. Mais l’efficacité de ce petit jeu est surtout dû à l’obscurité omniprésente du film et aux nombreux jumpscares très bruyants qui feront logiquement sursauter plus d’un. Mais ce n’est pas la facilité de ces artifices qui nuit au film, mais plutôt l’inspiration qui transparait sous la tentative. Plus le suspens se resserre, plus le film fait souvent penser au film de Juan Antonio Bayona, L’Orphelinat, qui cultivait un traitement similaire, tandis que les habitués du genre finiront par comprendre l’entourloupe beaucoup trop tôt.

SHUT IN

Dans l’ensemble, Oppression laisse une bonne impression grâce à ces petits moments d’angoisse bien orchestrés qui ponctuent le film. Mais en y regardant de plus près, le film de Farren Blackburn manque de précision tant l’intrigue est trop concentrée sur son potentiel flippant. Entre l’introduction survolée et un dénouement sans fin qui s’enlise dans la psychologie de comptoir basique, Oppression s’avère en fait très moyen. Le dernier acte, une fois passée la surprise du twist, s’éternise beaucoup trop et met en exergue les dérives relationnels de personnages complètement survolés tout au long d’un film qui flirte beaucoup trop avec l’horreur, au lieu d’habilement jouer avec toutes ses possibilités. Dommage, si le film surfe globalement sur du déjà-vu, une meilleure écriture des personnages aurait peut-être rendu le dénouement plus intéressant à suivre.

Au casting, Naomi Watts (Divergente 3, Demolition…) mène la danse sans effort, épaulée par un trio bancal composé par un Oliver Platt (#Chef, X-Men : Le Commencement…) en intermittence, un David Cubitt (Le Septième Fils…) peu intéressant et un Jacob Tremblay (Room…) toujours aussi adorable et bien plus convaincant alors qu’il ne prononce pas un mot !

En conclusion, Farren Blackburn signe un thriller en demi-teinte. Si Oppression parvient à nous plonger au cœur d’un thriller parfois angoissant et haletant, l’ensemble de l’intrigue manque de précision et de suites dans ses idées, malgré ses jumpscares souvent efficaces et une ambiance nocturne soignée, bien qu’exagérée. A tester pour les plus curieux.

"Shut In"©2015 EuropaCorp - Transfilm International Inc.

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