[CRITIQUE] Les Animaux Fantastiques, de David Yates

lesanimauxfantastiquesLe pitch : New York, 1926. Le monde des sorciers est en grand danger. Une force mystérieuse sème le chaos dans les rues de la ville : la communauté des sorciers risque désormais d’être à la merci des Fidèles de Salem, groupuscule fanatique des Non-Maj’ (version américaine du « Moldu ») déterminé à les anéantir. Quant au redoutable sorcier Gellert Grindelwald, après avoir fait des ravages en Europe, il a disparu… et demeure introuvable. Ignorant tout de ce conflit qui couve, Norbert Dragonneau débarque à New York au terme d’un périple à travers le monde : il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques dont certaines sont dissimulées dans les recoins magiques de sa sacoche en cuir – en apparence – banale. Mais quand Jacob Kowalski, Non-Maj’ qui ne se doute de rien, libère accidentellement quelques créatures dans les rues de la ville, la catastrophe est imminente…
Ce film est l’adaptation des aventures de Norbert Dragonneau, l’auteur du livre Les Animaux Fantastiques qu’étudiait Harry Potter.

5 ans après le tout dernier volet de la saga Harry Potter, J.K. Rowling et David Yates se retroussent les manches pour débuter une nouvelle saga dans le monde des sorciers. J.K. Rowling adapte son livre Les Animaux Fantastiques et confit la réalisation à David Yates, celui a réalisé les quatre derniers films Harry Potter avec, reconnaissons-le, une appréciation mitigée des fans.
Pour ma part, même si je suis loin, bien loin d’être une « Potterhead » j’ai toujours apprécié cet univers fantastique qui, malgré ses accents sombres, a su enthousiasmer des générations entières pendant près de 10 ans au cinéma. Pourtant, c’est avec une curiosité un peu sceptique que je suis allée voir ce nouveau film, d’une part parce que David Yates a pondu le malheureux film Tarzan quelques mois plutôt, mais aussi parce que nous vivons dans une époque où le cinéma aime bien ronger ses grands succès jusqu’au trognon. Alors, cela valait-il le coup ?

FANTASTIC BEASTS AND WHERE TO FIND THEM

Sans surprise, Les Animaux Fantastiques recrée l’univers de Harry Potter. Même en changeant de continent et l’appellation des Moldus en Nomajs, David Yates réutilise allègrement tous les artifices mis en place dans les derniers Harry Potter, dans une succession de sortilèges et d’effets visuels déjà vus mille fois. Alors oui, vous me direz : en même temps, les sorts découverts dans Harry Potter sont les mêmes pour tout le monde dans cette univers, n’est-ce pas ? Bien sûr, mais le mot clé dans cette question (que je me pose à moi-même…) est « découverte ». Si les films Harry Potter parvenaient à maintenir l’intérêt des fans, c’est parce que chaque volet faisait avancer et grandir la saga, levant un nouveau mystère ou secret tout en développant une nouvelle facette du monde magique. Dans Les Animaux Fantastiques, le film ne fait que transposer Harry Potter aux États-Unis et dans les années 30, ce qui, en terme de surprise et de découverte, rend l’ensemble un chouilla léger.
C’est donc à l’intrigue de faire le reste, mais encore une fois, le film de David Yates souffre d’un manque d’originalité étonnant. Les Animaux Fantastiques ne propose rien de vraiment nouveau, même le grand vilain du film est tiré de la saga Harry Potter tandis que le film ne cesse de multiplier les easter-eggs pour rappeler ses origines. Certes le film est une adaptation d’un livre étudié par Harry Potter dans les films, mais quitte à créer un nouvel aspect du monde des sorciers, JK Rowling et David Yates avaient une liberté incroyable qui s’offrait à eux… tout cela pour limiter l’imaginaire à la traque d’animaux fantastiques qui ressemblent à ces jouets pour enfants où on peut assembler deux moitiés d’animaux différentes pour en créer un nouveau. En effet, le film suit l’aventure d’un certain Norbert Dragonneau, un sorcier britannique qui se balade nonchalamment avec un zoo dans une valise ensorcelée.
D’accidents en rebondissements, Les Animaux Fantastiques se transforment en partie de chasse survoltée afin de retrouver les mystérieuses créatures qui ont eu le temps de s’échapper. David Yates construit une histoire facile à suivre et plutôt dynamique, habitée par de nouveaux personnages curieux afin de maintenir en haleine. En effet, l’un des rares points forts du film c’est qu’il parvient à quitter le monde de l’enfance installé dans Harry Potter pour proposer une incursion vue par des adultes. Cela aurait intéressant si finalement ces nouveaux sorciers n’étaient pas autant régis par des règles les empêchant de tourner en rond. Chez Harry Potter c’était acceptable car les héros étaient jeunes et il fallait les protéger, là il s’agit d’adultes et pourtant, ils ne peuvent pas faire un pas sans devoir rendre des comptes ou être puni !
Les Animaux Fantastiques manque de fantaisie et de légèreté, s’enfermant dans un sérieux qui cohabite difficilement avec cet univers grisâtre, pourtant sensé faire rêver le public… et non l’assommer de règles et autres interdit qui empêche finalement le film de nous en mettre plein la vue.

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Et puis… il n’y a pas comme un air de déjà-vu ? Souvenez-vous, cet été une application mobile a fait fureur, poussant les gens dans les rues pour chasser des bestioles et les collectionner. Le raccourci est probablement facile, je le reconnais, mais la coïncidence est tout de même malheureuse car j’ai eu l’impression de me retrouver face à une adaptation live de Pokémon Go (avec un Roucoups géant et une créature qui ressemble à un Fantominus, ça n’a pas aidé) ! Difficile de passer à coté de la ressemblance entre le phénomène dont le concept partage beaucoup de similitudes avec Les Animaux Fantastiques, autant au niveau de la quête du personnage principal que du visuel même de certains animaux fantastiques. Quel malheureux hasard, surtout le jeu et le monde Harry Potter sont deux choses totalement parallèles, mais il a fallu que cette année, ces deux univers cohabitent à quelques mois d’écart. Si le film de David Yates avait été plus solide, je pense que je ne me serai jamais attardée sur ce détail.

Au casting, encore une fois, c’est un peu la douche froide. Eddie Redmayne (The Danish Girl, Jupiter Ascending, une Merveilleuse Histoire Du Temps…) minaude comme à son habitude, épaulé par une Katherine Waterston (Steve Jobs, Inherent Vice…) d’une rigidité sans nom, tandis que le reste de l’ensemble s’enlisent dans des personnages caricaturaux, pas très assumés ou peu intéressants : Colin Farrell (The Lobster…), Samantha Morton (Mademoiselle Julie…), Carmen Ejogo (American Nightmare 2…) ou encore Ezra Miller (Crazy Amy…). Seule véritable bonne surprise, Dan Fogler (Secrets And Lies…) incarne l’un des rares Moldus, pardon, Nomajs du film, et permet de retrouver un peu de légèreté à travers son personnage qui, comme les spectateurs avec ce nouveau film, découvre le monde des sorciers. La bonhomie de ce Nomaj entraîne dans son sillage la jolie Alison Sudol, un personnage peu solide mais attachant à l’usure. Le film s’offre également quelques petites surprises, dont le fabuleux Ron Perlman (Pacific Rim…).

En conclusion, David Yates tente de faire du neuf avec du vieux. Au lieu de prolonger l’univers de Harry Potter, Les Animaux Fantastiques semblent surtout réutiliser les artifices de la saga à travers une aventure malheureusement très ponctuelle et qui, à mon avis, ne pourra pas survivre telle quelle dans les quatre prochains films prévus. Je demande à voir…

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PS : ne manquez pas la scène coupée à la fin du film, pas vraiment un bonus réfléchi mais plutôt un rajout de dernière minute.

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