[Rattrapage 2016] Elle, de Paul Verhoeven

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Le pitch : Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer.

De Basic Instinct à Black Book, en passant par Showgirls et même en remontant vers Total Recall, Paul Verhoeven n’a jamais placé ses personnages féminins en tant que victime… et il n’avait pas l’intention de commencer cette année. Avec Elle, une adaptation du roman « Oh… » de Philippe Dijan, le réalisateur néerlandais sort d’une petite traversée du désert en livrant un thriller noir et plutôt malsain, tissé autour de la relation ambiguë entre une femme et son agresseur.
Verhoeven a toujours poussé à l’extrême la tonalité passive-agressive des relations homme-femme qu’il expose dans ces films, ce qui crée toujours un certain malaise oscillant entre l’appréciation du film et notre morale. Dès le début, Elle pose un décor violent et torturé à travers l’agression sexuelle subie par le personnage principal. Rapidement, il devient évident que ce traumatisme est en réalité l’électrochoc qui va lui permettre de sortir d’un cercle vicieux, dans lequel elle s’enlisait depuis longtemps. Le jeu du chat et de la souris est aussi dérangeant que fascinant, Paul Verhoeven ne respecte aucune règle, osant même remettre en question la notion de viol avant de creuser son personnage en profondeur pour révéler sa souffrance et ses blessures antérieures.

Entre violence mentale et physique
, Elle sonde une femme à l’agonie, étouffée depuis longtemps dans une prison psychologique qui la détache de la réalité. Paul Verhoeven signe un thriller glaçant, aussi dérangeant que captivant, hanté par une Isabelle Huppert (L’Avenir, Asphalte…) qui certes cultive toujours le même personnage à quelques nuances près, mais propose une performance magnifique.
À ses cotés, Laurent Lafitte (Papa ou Maman 2, Elle l’Adore…) change de registre et est une bonne surprise dans ce cadre très sombre, tandis que Virginie Efira (Victoria…), Charles Berling (On Voulait Tout Casser…) et Anne Consigny (Trois Cœurs…) complètent un ensemble discret et réussi.

En conclusion, Paul Verhoeven signe un film intense et mémorable à travers un thriller sépulcral et glacé, qui détonne avec la violence de son sujet, tout en conservant les thèmes favoris du réalisateur. Malsain, sensuel et déroutant, Elle marque les esprits. À voir !

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