[COUP DE CŒUR] Quelques Minutes Après Minuit, de Juan Antonio Bayona

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Bouleversant et enchanteur, le nouveau film de Juan Antonio Bayona est une aventure fantastique dans l’imaginaire d’un enfant confronté à un drame terrible. Quelques Minutes Après Minuit compose un univers extraordinaire, j’ai beaucoup aimé l’ambiance et le style très visuel et graphique, transformant ce film en un conte palpable, vivant et immersif. Sur les traces de Spielberg et de Del Toro, Juan Antonio Bayona est tout simplement magique et,  en même temps, terriblement douloureux.

Le pitch : Conor a de plus en plus de difficultés à faire face à la maladie de sa mère, à l’intimidation de ses camarades et à la fermeté de sa grand-mère. Chaque nuit, pour fuir son quotidien, il s’échappe dans un monde imaginaire peuplé de créatures extraordinaires. Mais c’est pourtant là qu’il va apprendre le courage, la valeur du chagrin et surtout affronter la vérité…

Initialement prévu pour 2016, la sortie de Quelques Minutes Après Minuit a été repoussée pour finalement devenir un joli cadeau pour ce début d’année 2017 ! Après L’Orphelinat et The Impossible (et avant Jurassic World 2), Juan Antonio Bayona réunit le drame et le fantastique dans un petit bijou oscillant entre la réalité et l’imaginaire, à travers cette adaptation du roman homonyme de Patrick Ness.
Quelque part entre la simplicité et l’émerveillement, Quelques Minutes Après Minuit suit le parcours d’un petit garçon chahuté par la vie, entre une mère gravement malade, des camarades d’école qui le maltraitent et un avenir un poil sombre. Son imaginaire le met alors à l’épreuve, à travers des histoires confrontant le bien et le mal, ainsi que la moralité de ses héros. Sur le papier, le film de Juan Antonio Bayona a des faux airs du superbe Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro, mais rapidement Quelques Minutes Après Minuit s’inscrit dans un univers et un contexte bien différent, plus terre-à-terre malgré ses envolées fantaisistes. Alors que le film de Del Toro plongeait à pieds joints dans le conte horrifique et gothique, Quelques Minutes Après Minuit puise sa noirceur dans une réalité bien triste et implacable. Au cours des différents récits, le jeune héros va laisser ses émotions prendre le dessus, lui permettant à la fois de se libérer et d’accepter une vérité difficile.

Armé d’un roman solide, Juan Antonio Bayona réalise une adaptation extraordinaire, sublimant son récit d’une double lecture aussi accessible qu’enthousiasmante. Si l’approche n’est pas vraiment innovante et peu parfois se montrer moralisatrice et bien pensante, le film illustre parfaitement la capacité des enfants à faire face à des situations insoutenables – mais aussi leurs propensions à beaucoup trop refouler leurs émotions. Grâce à ses escapades dans le monde des rêves, Quelques Minutes Après Minuit crée des moments de respirations lumineux, mis en abîme par une ambiance et une photographie incroyable. En effet, si l’ensemble du film est bercé par une mise en scène réaliste, les balades dans le monde des rêves est imagé par des aquarelles vivantes, surprenantes et magnifiques. Un choix astucieux qui sert de lien entre les deux mondes, tout en conservant un pied dans l’enfance grâce aux animations.

Alors que la rencontre entre le jeune Connor et Le Monstre s’apparentaient comme le début d’une camaraderie atypique, rappelant Le Bon Gros Géant de Steven Spielberg, Quelques Minutes Après Minuit narre plutôt un combat captivant et brillamment illustré, entre apprentissage, courage et acceptation, au cours d’une aventure bouleversante qui touche en plein cœur. Juan Antonio Bayona livre un film superbe où l’histoire est peut-être un peu prévisible et les détours parfois convenus, mais c’est finalement la mise en scène qui m’a littéralement enchantée. Quelques Minutes Après Minuit se découvre avec des yeux d’enfant, tout en jonglant avec des thématiques bien adultes. De la mort omniprésente au harcèlement scolaire, le film balaye des sujets aussi ordinaires que pesants, sans pour autant céder au mélodrame car il conserve un regard bienveillant sur la capacité extraordinaire des enfants à affronter des drames horribles. Une belle leçon pour une belle histoire.

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Au casting, le jeune Lewis MacDougall (Pan…) livre une performance impressionnante, surtout quand on imagine bien qu’il a dû tourner de nombreuses scènes seul ou face à un écran vert. Autour de lui, Sigourney Weaver (SOS Fantômes, Chappie, Exodus…) est impeccable, Felicity Jones (Rogue One, Inferno…) bouleverse et Toby Kebell (Les 4 Fantastiques, La Planète des Singes : l’Affrontement…) complète un ensemble solide. Pour le rôle de Groot, pardon… du Monstre (hihihi), Juan Antonio Bayona a fait appel à la voix reconnaissable de Liam Neeson (Le Chasseur et la Reine des Glaces, Ted 2…), qui colle à merveille au personnage.

En conclusion, Juan Antonio Bayona signe un drame fantastique réussi, alliant une aventure imaginaire captivante à une réalité tragique et bouleversante. 2017 démarre bien avec un tel bijou, mais soyez prévenus : n’allez pas voir Quelques Minutes Après Minuit sans un bon paquet de mouchoirs ! À voir absolument.

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