[CRITIQUE] Passengers, de Morten Tyldum

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Le pitch : Alors que 5000 passagers endormis pour longtemps voyagent dans l’espace vers une nouvelle planète, deux d’entre eux sont accidentellement tirés de leur sommeil artificiel 90 ans trop tôt. Jim et Aurora doivent désormais accepter l’idée de passer le reste de leur existence à bord du vaisseau spatial. Alors qu’ils éprouvent peu à peu une indéniable attirance, ils découvrent que le vaisseau court un grave danger. La vie des milliers de passagers endormis est entre leurs mains…

2 ans après Imitation Game, récompensé par l’Oscar de la Meilleure adaptation en 2014, Morten Tyldum revient avec un film de science-fiction ambitieux, sorte de survival en huis-clos, où, une fois n’est pas coutume, les êtres humains partent encore en vadrouille pour vivre sur une autre planète.
Le problème, c’est que dès le départ, du pitch à la bande-annonce, on réalise que Passengers nous a floué sur la marchandise, et c’est ce qui nuit le plus au film. Il y a une différence entre un accident qui réveille deux passagers d’un vaisseau spatial trop tôt (et qui ensuite doivent se débrouiller pour survivre) et le fait qu’en vérité un seul passager est réveillé et a décidé de jouer les stalkers avant de réveiller une femme pour qui il a eu un crush déraisonné (en lui ruinant sa vie au passage). Ce point de départ aurait pu être acceptable si le film avait plus insisté sur la solitude du premier personnage, qui se retrouve seul face à une mort certaine alors qu’il avait embarqué pour un nouveau départ. Au lieu de ça, Passengers se repose sur ces deux personnages qui tricotent une romance déjà bancale et qui n’a rien d’attrayante, tandis que l’intrigue même du film tourne rapidement court pour mieux s’extasier sur ses tourtereaux.

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En effet, le film de Morten Tyldum joue la carte SF à fond et soigne les apparences : une chose indéniable, c’est que Passengers est d’une beauté à couper le souffle. Les effets spéciaux sont fantastiques et le film multiplie des scènes magnifiques (la piscine en apesanteur, par exemple…) qui réveille très souvent un ensemble malgré tout soporifique. Bousculé par les états d’âme des personnages, Passengers passe à coté de son potentiel en se reposant sur l’aspect visuel du film et sur ses acteurs super bankables et plus précisément sur leurs atouts physiques (Chris Pratt à poil, les seins de Jennifer Lawrence…). Malheureusement, une fois le coup de la romance éventé (à cause de l’histoire, mais aussi à cause d’une absence d’alchimie navrante entre les deux acteurs), le film de Morten Tyldum a bien du mal à réveiller l’intérêt autour de l’intrigue principal du film, usant d’entourloupes bien commodes (réveiller un membre de l’équipage au pif) pour tenir jusqu’au dernier acte.

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Mais si Passenger cumule les mauvais points, ce n’est pas seulement à cause des facilités qui ampoulent le scénario mais surtout à cause du manque de surprise. Alors que le film partait d’un postulat ambitieux, Morten Tyldum cherche par tous les moyens possibles de masquer les faiblesses de son histoire jusqu’au big reveal, d’abord en le retardant puis en en faisant toute une montagne. Le réalisateur s’applique à choisir la version la plus convenue et la plus prévisible possible à chaque rebondissement du film. Pire, beaucoup d’idées semblent directement pompées inspirées par d’autres films de science-fiction plus ou moins récent, de 2001 Odyssée de l’Espace à Prometheus (même si le caisson médical dans Prometheus ne prévoyait pas de bouton « résurrection » !). Au final, Passengers ne laisse la place à aucune fantaisie et suit un traitement linéaire et ennuyeux, que même le visuel sophistiqué du film ne parvient pas à sauver.

Au casting, ça va vite : Chris Pratt (Les Sept Mercenaires, Jurassic World…) semble plus éteint que d’habitude, Jennifer Lawrence (X-Men Apocalypse, Joy…) ne fait aucun effort et Laurence Fishburne (Batman V Superman…) fait une apparition bien pratique pour relancer une trame en berne. Seul Michael Sheen (Loin de la Foule Déchaînée…) s’avère relativement intéressant et attachant, alors qu’il incarne… robot. Quelle ironie.

En conclusion, pour moi c’est le genre de film que des acteurs tel que Jennifer Lawrence et Chris Pratt acceptent pour payer leurs taxes et/ou entretenir leurs popularités grand public. Mieux écrit, Passengers avait tout pour réussir un drame SF en s’attardant sur un peu plus sur la psychologie de ses personnages (leurs volontés de quitter la Terre, leurs choix et l’appréhension de leur nouvelle vie à deux pour toujours… par exemple), mais, au lieu de cela le film de Morten Tyldum ne fait qu’enfoncer des portes ouvertes pour un résultat aussi prévisible que décevant. Anecdotique.

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