[CRITIQUE] L’Ascension, de Ludovic Bernard

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Drôle et attachant, L’Ascension narre une aventure pas banale et euphorisante sur fond de défi amoureux. Ludovic Bernard adapte l’histoire presque vraie d’un banlieusard qui décide de gravir L’Everest d’abord par amour, avant de livrer une jolie leçon de courage et de persévérance. Certes un poil romancé, L’Ascension reste une comédie pleine d’humour, avec un coté immersif captivant à l’enthousiasme communicatif.

Le pitch : « Pour toi, je pourrais gravir l’Everest !» Samy aurait mieux fait de se taire ce jour-là… D’autant que Nadia ne croit pas beaucoup à ses belles paroles. Et pourtant… Par amour pour elle, Samy quitte sa cité HLM et part gravir les mythiques 8848 mètres qui font de l’Everest le Toit du monde. Un départ qui fait vibrer ses copains, puis tout le 9-3 et c’est bientôt la France entière qui suit avec émotion les exploits de ce jeune mec ordinaire mais amoureux. A la clé, un message d’espoir : à chacun d’inventer son avenir, puisque tout est possible.

Après une carrière d’assistant réalisateur auprès de Luc Besson (Lucy, Malavita…), Guillaume Canet (Les Petits Mouchoirs, Ne Le Dis À Personne) ou encore Jean-François Richet (Mesrine…), Ludovic Bernard se lance sur son premier film en tant que réalisateur, en adaptant l’histoire vraie de Nadir Dendoune « Un tocard sur le toit du monde ».
Ce qu’il faut savoir dès le départ, c’est que le film a pris des libertés sur la réalité en créant l’histoire d’amour entre le personnage principal et sa dulcinée, ainsi qu’un univers comique et social liant son aventure à ses proches restés en France. Si cet ajout rend parfois le film ultra-romancé, mettant en porte-à-faux les raisons du personnage à accomplir un tel défi et les efforts réels (l’amour suffit-il vraiment pour prendre de tels risques ?), Ludovic Bernard parvient à enrober son histoire avec une véritable énergie enthousiaste et si attachante qu’on peut rapidement fermer les yeux sur ce détail.

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En effet, L’Ascension est à l’image de son personnage principal : charmeur, souriant, un peu laxiste mais déterminé. Si le film débute avec un accent comique très prononcé, c’est pour mieux créer un décor un peu familier, avec un paysage de banlieue (le 9-3 pour ceux qui ne savent pas prononcer 93) et ses habitants, entre clichés et second degré. Ludovic Bernard crée un cadre sympathique, certes un peu caricatural mais nécessaire pour appréhender l’aventure qui nous attend, au-delà de son amourette avec la jolie Nadia, tout en faisant partager une émotion palpable quand le héros se rapproche de son but.
En fait, si Ludovic Bernard parvient à nous emmener un bout à l’autre de son film, ce n’est pas grâce à son histoire (hyper prévisible, reconnaissons-le) mais grâce au capital sympathie de ses personnages (ou acteurs), qu’ils viennent de la banlieue parisienne ou de la cambrousse népalaise (le meilleur Sherpa ever).

Au fur et à mesure que le film avance, L’Ascension met la pédale douce sur l’humour pour mieux sur recentrer sur son personnage et ce défi presque sur-humain. Entre découvertes et courage, le film parvient à faire véhiculer de vraies émotions, entre admiration et empathie, tandis que l’ambiance du film mûrit à chaque nouvelle étape. Alors que j’étais venue pour rire, je me suis finalement retrouvée captivée par cette ascension, qui, malgré une tonalité générale assez légère, reste proche de la réalité et ne protège pas toujours son héros des difficultés d’une telle expédition – surtout sans véritable préparation. L’Ascension finit par prendre tout son sens et difficile de rester de marbre lorsque le film touche à sa fin, même avec la bonne dose de guimauve parfois surréaliste ajoutée au scénario.ascension5

Au casting : humoriste remarqué dans l’émission On n’demande qu’à en rire, Ahmed Sylla décroche un premier rôle qui lui va comme un gant tant on devine son caractère généreux et prompt à la déconne qui colle à son personnage. Autour de lui se bousculent acteurs, humoristes et novices : Alice Belaïdi (La Taularde…), Maïmouna Gueye et Denis Mpunga (Marguerite…) maintiennent une cellule familiale hystérico-touchante, le duo Waly Dia et Kevin Razi, a priori ajouté pour donner du peps au film au cas où, ne parviennent jamais à supplanter le héros ; tandis que Nicolas Wanczycki (Le Grand Jeu…) est très drôle en bonhomme aigri.
Mais celui qui marque surtout les esprits, c’est le fameux Sherpa -le vrai héros ! -, incarné par Umesh Tamang : probablement le personnage le plus adorable du film qu’il illumine avec son sourire permanent et sincère. D’ailleurs, l’acteur, présent à l’avant-première, a reçu une standing-ovation bien méritée.

En conclusion, récompensé par le Grand Prix et le Prix du Public du Festival de l’Alpe d’Huez 2017, le film de Ludovic Bernard est certainement LA comédie française de la rentrée. Porté par un casting excellent et une aventure captivante, L’Ascension parvient à allier humour et bravoure, avec un soupçon de folie mais toujours une bonne humeur contagieuse. Une belle réussite pour un premier film ! À voir.ascension3

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