[CRITIQUE] A Cure For Life, de Gore Verbinski

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Tourmenté et envoûtant, A Cure For Life tisse un thriller captivant, à mi-chemin entre la réalité et le cauchemar. Malgré pas mal de faiblesses de rythme, Gore Verbinski tisse une intrigue troublante, portée par une photographie spectrale qui vient asseoir une ambiance à la fois nerveuse, curieuse et étrangement repoussante. Voulez-vous vraiment connaître la vérité derrière la cure ?

Le pitch : Lockhart, jeune cadre ambitieux, est lancé sur la trace de son patron disparu dans un mystérieux centre de bien-être en Suisse.Pris au piège de l’Institut et de son énigmatique corps médical, il découvre peu à peu la sinistre nature des soins proposés aux patients. Alors qu’on lui diagnostique le même mal qui habite l’ensemble des pensionnaires, Lockhart n’a plus d’autres choix que de se soumettre à l’étrange traitement délivré par le centre…la Cure.

Après des années de pirateries et de westerns, Gore Verbinski (Pirates des Caraïbes 1, 2 et 3, Rango et Lone Ranger) change de registre et renoue avec un ancien amour. En effet, celui qui a amené le premier remake de The Ring (Le Cercle) en 2002 retente l’aventure du thriller horrifique avec le stylisé A Cure For Life.

En effet, le nouveau film de Gore Verbinski, c’est surtout une esthétique étonnante qui saute aux yeux. À travers une photographie métallique, sombre et froide, A Cure For Life distille une ambiance mystérieuse qui s’épaissit de minutes en minutes tandis que le film quitte l’univers stressant des grattes-ciels pour se nicher au cœur de la Suisse. Avec ses faux airs de Shutter Island, soulignés par la ressemblance étonnante entre Dane DeHaan et Leonardo Dicaprio (plus jeune), A Cure For Life nous entraîne dans une station de bien-être mystérieuse qui, contrairement à ce qu’elle représente, va bientôt devenir l’antre d’un univers instable et inquiétant. Derrière le calme apparent et les sourires fabriqués, le film de Gore Verbinski se construit lentement, installant le spectateur dans des certitudes acquises avant d’ébrécher petit à petit la réalité.

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Si la volonté de Gore Verbinski était de questionner la réalité de son héros, face à l’écran c’est surtout l’attitude des personnages (qui entourent le héros) qui rend la trame nerveuse et oppressante. Les décors imposants regorgent de secrets savamment entretenus et plus le film avance, plus la vérité semble effrayante, donnant presque envie de ne pas savoir se qui se cacher derrière cette fameuse cure. En effet, A Cure For Life puise sa force dans l’inconfort : tout ce qui semble transparent et lisse regorgent finalement d’aspérités ou de formes de vies peu appétissantes quand on y regarde de plus près, comme un rêve qui mue lentement en cauchemar. Le caractère peu ragoutant du film lui donne une dimension différente et curieuse, contrastant avec le luxe, la froideur et la netteté chirurgicale de chaque décor. D’ailleurs, Gore Verbinski prend plaisir à jouer avec les frayeurs communes, de la peur de devenir fou à celle, plus rationnelle, du dentiste. Crispant.

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Cependant, là où Martin Scorsese nourrissait son Shutter Island de rebondissements et de nouveaux indices, Gore Verbinski ne propose pas autant d’éléments permettant d’animer sa trame. Et 2h30 sur le même fil conducteur… c’est un peu long. En effet, le film installe assez rapidement les bases du films : dès les trente premières minutes, on connait déjà les motivations du personnages principal et l’histoire tragique qui entoure le lieu dans lequel se trouve le fameux centre de bien-être, tandis qu’au bout d’une heure, les dés sont plus ou moins jetés (de plus, le fait d’avoir « Lucius Malefoy » en tant que directeur du centre n’aide pas à avoir confiance… je dis ça, je dis rien). Autant dire que Gore Verbinski tricote du vide pendant facilement une heure avant mettre un coup d’accélérateur pour arriver à la conclusion de son film. Globalement, A Cure For Life reste suffisamment troublant et étrange pour attiser la curiosité des amateurs du genre, mais le film aurait mérité quelques coupes supplémentaires au montage ou une histoire plus animée pour tenir le spectateur en haleine de a à z.

Au casting, Dane DeHaan (Knight Of Cups, The Amazing Spider-Man 2, Kill Your Darlings…) reprend du poil de la bête aux cotés d’une Mia Goth (Everest, Nymphomaniac : Volume II…) intéressante, malgré un personnage un poil attendu, tandis que Jason Isaacs (Harry Potter, Fury, Green Zone…) endosse un rôle qui lui va bien.

En conclusion, avec ses 2h30, l’œuvre de Gore Verbinski accuse quelques longueurs qui desservent souvent la tension du film. Cependant, A Cure For Life s’avère être un thriller prenant, aussi bien grâce à son ambiance angoissante et visuelle mêlant esthétique soignée et recoins visqueux. À voir.

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