[CRITIQUE] Lion, de Garth Davis

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Le pitch : Une incroyable histoire vraie : à 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens. 25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde. Armé de quelques rares souvenirs et d’une inébranlable détermination, il commence à parcourir des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître son village. Mais peut-on imaginer retrouver une simple famille dans un pays d’un milliard d’habitants ?

Après la série événement Top Of The Lake, récompensée aux Golden Globes en 2014 et co-réalisée par Jane Campion (La Leçon de Piano), Garth Davis choisit d’adapter une histoire vraie pour son premier long-métrage. Lion est l’histoire émouvante d’un petit garçon perdu en Inde et finalement adopté par une famille australienne. Des années plus tard, Saroo cherche à retrouver sa famille grâce à ses souvenirs… et Google Earth.
Lion, ça fait un moment qu’on en entend parler, des réactions pleines de larmes du public lors de sa présentation au Toronto International Film Festival (TIFF) l’année dernière jusqu’à l’approbation de Barack Obama, le film semble avoir tout pour plaire, décrochant au passage six nominations aux Oscars – dont Meilleur Film.

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Cependant, le revers de la médaille dans ce genre de film, c’est de raconter une histoire dont la fin est déjà connue et dont l’intérêt repose sur un traitement hyper convenu. En effet, comment ne pas craquer pour le petit Saroo, perdu dans une Inde immense et indifférente à son sort, alors qu’il erre pendant des mois en cherchant sa mère et son frère Guddu. La première partie du film est extrêmement touchante, montrant l’envers du décor touristique et dévoilant une Inde pauvre et souvent dangereuse pour un enfant. Mais une fois arrivé en Australie, l’attrait de Lion s’émousse pour narrer un parcours attendu, tandis que Saroo, devenu grand, se remémore son enfance.
Si Garth Davis fait le choix de construire son film en trois parties, il prend aussi le risque de créer un creux énorme en plein milieu. La logique aurait voulu que l’enfance de Saroo soit dévoilée à travers des flashbacks – un principe très conventionnel, certes, mais toujours efficace, surtout dans le cas présent où le milieu du film manque de dynamisme et tourne un peu en rond, tandis que l’ensemble évolue autour d’un travail de recherche peu expliqué et solitaire.

Et oui, car au-delà de la pub géante autour de Google Earth, Lion propose une deuxième partie mélancolique, tandis que le héros est déchiré entre sa famille australienne et celle qu’il a perdu en Inde. Mais à l’écran, le film se perd entre des échanges larmoyants, un frère adoptif instable (sans véritablement se pencher sur le sujet) et une amourette anecdotique. Du coup, quand Lion entame son dernier virage, c’est avec soulagement précipitation et surenchère de violons pour faire pleurer le public. Oui, la fin est touchante ; oui, les retrouvailles sont émouvantes et oui, on est content pour Saroo et c’est véritablement une belle histoire qu’il fallait raconter. Mais derrière cette histoire exceptionnelle, le film de Garth Davis soulève de nombreux loups qui ternissent parfois l’ensemble, notamment autour de l’adoption à l’aveugle où les parents choisissent un enfant sur catalogue sans même le rencontrer au préalable…lion1

Globalement, Lion remplit son contrat : amateurs d’histoires vraies et happy ends, le film de Garth Davis est fait pour vous tant il répond à tous les codes du genre, entre un enfant mignon tout plein qui donne envie de traverser l’écran pour le cajoler et des retrouvailles bouleversantes qui concluent un film solaire. Mais bon, entre le début et la fin, il y a surtout un milieu long et ennuyeux qu’il faut se farcir.

Au casting, Dev Patel (Chappie, Indian Palace – Suite Royale…) a bien du mal à échapper à son étiquette, mais reste sympathique à retrouver. À ses cotés, Nicole Kidman (Aux Yeux de Tous, Avant d’Aller Dormir…) parait presque humaine et prouve qu’elle peut toujours se détacher de son image de porcelaine figée si nécessaire, Rooney Mara (Pan, Carol…) et David Wenham (300 : La Naissance d’un Empire, Top Of The Lake…) sont totalement transparents.
Mais la force du film repose évidemment sur le jeune Sunny Pawar, qui incarne Saroo jeune, qui est aussi mignon qu’excellent dans le film.

En conclusion, si Lion est très beau film, il est quand même desservi par son histoire très convenue et prévisible, faisant l’effet d’une jolie machine à larmes bien rodée. Le développement en trois tableaux crée un déséquilibre certain, faisant traîner le second volet en longueur alors qu’à mon sens, l’insertion de l’enfance de Saroo en flashbacks aurait été une meilleure idée pour dynamiser la trame et conserver l’émotion intacte. Bref, gentillet et à voir (avec un bon paquet de mouchoirs pour les plus sensibles).

Pensez à rester à la fin pour lire les infos qui apparaissent sur l’écran, révélant les détails sur la véritable histoire de Saroo… et de Guddu.

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