[CRITIQUE] Logan, de James Mangold

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Pour plus de spoilers, c’est par ici !

Dire que Logan est le meilleur film Wolverine solo est à la fois une vérité et une facilité : la tâche était plutôt facile, vu la qualité discutable des deux premiers films ! Cette fois, James Mangold a bien retenu la leçon et nous livre un Wolverine enfin à la hauteur de cet anti-héros charismatique : violent, brutal, désespéré… tout simplement génial. Logan boucle la boucle et passe le relais avec brio, révélant une X-23 tout aussi enragée et un duo à la fois atypique et attachant. En s’émancipant du traitement classique du film de super-héros, James Mangold livre un dernier acte inspiré et réussi. SNIKT!

Le pitch : Dans un futur proche, un certain Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur X souffrant, dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante traquée par de sombres individus va se retrouver soudainement face à lui.

Wolverine, X-Men, les super-héros… L’univers Marvel peut parfois être un fouilli indémêlable, que l’on soit amateurs de comics ou simple aficionados des films. Une chose est sûre, c’est que la manie de jouer avec les timelines rend parfois la compréhension compliqué. Petit récap’ filmique : en 2009, galvanisé par le succès de X-Men 2 et vampé par X-Men 3, sort le film X-Men Origins: Wolverine de Gavin Hood, une origin story censée retracer les débuts de notre mutant griffu qui a au moins eu le mérite d’introduire Deadpool (dans une version ratée, certes, mais améliorée depuis). 4 ans plus tard, James Mangold (Night And Day, Walk The Line, 3h10 Pour Yuma…) débarque avec Wolverine : Le Combat de l’Immortel, reposant sur les aventures nippones du héros mais toujours ampoulé par un traitement super-héroïque convenu (et incroyablement chiant, au passage).

DF-04184.DNGEt pourtant, difficile d’en vouloir à la Fox, en y réfléchissant bien. À l’origine de la vague de film de super-héros (avec le duo Sony / Spider-Man en face), il faut tout de même rappeler que ces films avaient surtout pour but de conquérir un large public, plutôt que de répondre aux attentes des fans de comics (jusqu’alors péjorativement vu comme des geeks, quinze ans plus tard, les geeks sont les rois du monde – ou presque :D). L’univers X-Men est pétri de couacs difficiles à recadrer sans tout balayer et même la nouvelle trilogie instiguée par Bryan Singer comporte pas mal d’incohérences. Tout cela pour dire qu’à force de vouloir viser le tout public, les films de super-héros ont tendance à lisser leurs personnages, quitte à gommer les traits de caractères qui en ont fait des icônes de comics (ce n’est pas Marvel Studios qui dira le contraire avec son Docteur Strange simili-Tony Stark…).

Mais après Wolverine : Le Combat de l’Immortel, la coupe était pleine : oui on aime Hugh Jackman, mais on aimerait bien voir enfin le mutant solitaire et enragé des comics pour une fois et non propulsé dans un simili-action hero plus ou moins basé sur des arcs comics. Cette année, après un bref aperçu du potentiel de Wolverine dans X-Men Apocalypse et le succès de l’insolent Deadpool, Logan reprend le nom fétiche de James Howlett et arrive à point nommé pour enfin répondre aux attentes des fans en adaptant l’arc Old Man Logan de Mark Millar et Steve McNiven. Pari réussi ?

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Fini de jouer les faux méchants et les vrais gentils, avec ce film, Logan prend un virage assumé et loin des films super-héroiques fédérant généralement grâce au spectaculaire et à l’esbroufe. Entre drame intimiste, désespoir cuisant et road-movie métallique, James Mangold tranche net *snikt* et risque bien de choquer les plus sensibles, tâchant de rouge un écran peu habitué à ce nouveau genre. Un choix audacieux de ne pas vouloir faire comme tout le monde, les studios Fox osent rejeter l’idée d’un univers partage pour ce film Wolverine, se libérant ainsi du carcan conventionnel pour livrer un Serval à l’état sauvage… mais défaillant, donc encore plus dangereux.

En effet, dès les premières minutes, Logan plante une atmosphère bien particulière : noire, violente et sanglante. James Mangold nous propulse dans un futur proche désenchanté, dans lequel évolue un Wolverine vieillissant et usé, cherchant à tout prix à rester sous le radar. Rattrapé par sa réputation légendaire, notre anti-héros griffu se retrouve embarqué dans une aventure, entraînant le Professeur Xavier dans son sillage et une nouvelle venue : Laura, aka X-23.
Au-delà de son intrigue, ce qui surprend le plus dans Logan c’est surtout la violence déchaînée du film qui, pour une fois, ne prend pas de gant. Cru et brutal, James Mangold balance les pincettes aux oubliettes et fait radicalement passer Deadpool pour un film pour enfants, puisqu’il ne s’encombre pas de second degré pour proposer un Wolverine dans un univers qui correspond à son tempérament orageux. Entre course contre la montre et affrontements métalliques, James Mangold livre un film coup-de-poing, nourri par une tension à couper le souffle et une véritable histoire autour de ses héros, allant même jusqu’à donner de véritables intentions à ses bad guys (ce qui est pourtant l’éternel point faible des films super-héroïques). Boosté par des affrontements musclés, Logan n’y va pas de main morte et finalement, ce n’est plus lui la bête sauvage mais bel et bien la petite fille qu’il doit protéger. Le film introduit X-23, la relève de Wolverine, créant un miroir assez flippant du mutant et pourtant attendrissant, enune enfant forcée à grandir trop vite. Tangible et prenant, Logan tourne la page avec éclat, en se démarquant intelligemment du traditionnel film de super-héro pour délivrer un solo movie abouti et nerveux, non pas à travers une déferlante de super-pouvoirs mais grâce à affrontements graphiques et explicites. Destiné à un public averti, Logan éclabousse la pellicule, balance du « fuck » à la pelle et transforme des enfants en machines de guerre sanguinaires (ou en chiche-kebab) !

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Pourtant, tout n’est pas rose. Le film de James Mangold se détache des autres films X-Men et Wolverine, créant encore une fois un nouvel univers qui ne se rattache à aucun des opus précédents. C’est un sacré bémol à une époque où les studios s’évertuent à créer des univers communs, j’aurai tout de même aimé voir ce film lié, d’une façon ou d’une autre aux X-Men tels que nous les connaissons (ni même à une certaine scène post-générique). Un autre point faible pourrait être la longueur du film : même si j’ai hautement apprécié Logan, il faut tout de même reconnaître que le film connait pas mal de creux dans son traitement narratif, qui a parfois recours à des pièges trop faciles et souvent répétitifs pour relancer son intrigue. Heureusement, Logan possède pas mal d’atouts dans sa manche et a su garder secret sa meilleure surprise qui, au-delà d’un sacré choc, agit comme une allégorie à la fois brillante et judicieuse sur le parcours de Wolverine dans son ensemble, de Weapon X à cette conclusion épique. Enfin, conclusion… rien n’est véritablement gravé dans le marbre chez Marvel, n’est-ce pas ?

Donc oui, le film de James Mangold est ni parfait, ni un film de super-héros classique et pourtant, j’en suis ressortie conquise. Conquise par le plaisir de retrouver le mutant enragé qu’est Wolverine, conquise parce que c’est la meilleure conclusion possible pour, entre autres adieux, cet anti-héros solitaire au passif constellé de mauvais choix et ravie par les multiples références plus ou moins obvious aux films X-men et Wolverine. James Mangold s’en prend intelligemment à X-Men Origins: Wolverine et à X-Men 3 pour réécrire l’histoire et donner à son personnage phare une sortie jubilatoire et plus qu’honorable.

OK c’est bon, on te pardonne James !

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Au casting, Hugh Jackman (Eddie The Eagle, Pan, Chappie…) endosse une dernière fois (?) le squelette en adamantium de Wolverine pour incarner une version méconnaissable du héros, vieilli, fatigué mais toujours habité par une hargne fracassante. S’il y a quelques années, les fans avaient grincé des dents en découvrant ce play-boy australien géant qui avait été choisi pour incarner le mutant trapu à la mine patibulaire, aujourd’hui Hugh Jackman est et restera Wolverine. À ses cotés, Patrick Stewart (Green Room, Blunt Talk, X-Men Days Of Future Past…) reprend également du service pour un de ses autres rôles iconiques, le Pr Charles Xavier, incarnant le vieux sage fragilisé par le temps et dévoilant une facette étonnante du personnage qui se lâche pas mal.
La découverte du film est la jeune Dafne Keen, l’incroyable arme fatale de Logan et paradoxalement le cœur du film. Un rôle pas facile pourtant, car quasiment muet pendant une bonne partie du film, pourtant Dafne Keen offre une belle introduction à X-23 dans l’univers X-Men (même s’il est peut probable de revoir ce personnage enfant).
Autour d’eux, des visages connus : Boyd Holbrook (Morgane, Gone Girl…) joue les méchants de services et Stephen Merchant (Mariage À L’Anglaise…) sniffe du mutant.

En conclusion, que dire de plus ? Si vous n’êtes pas convaincu à ce stade, vous ne le serez jamais. Logan, le meilleur film Wolverine ? Oh que oui. À voir.

PS : pas de scène post-générique, vous pouvez rentrez chez vous. Pour l’article 100% spoilers, c’est par ici 🙂

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Une réflexion sur “[CRITIQUE] Logan, de James Mangold

  1. Oké, ça c’est de la critique qui fait monter mon impatience à un niveau rarement atteint jusque-là. J’ai hâte d’aller le voir, la bande-annonce promet tellement de choses trop cools… 😀 😀

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