[CRITIQUE] Life : Origine Inconnue, de Daniel Espinosa

Objet curieux de science-fiction mêlé aux codes horrifiques, Life : Origine Inconnue a de quoi étonner. À travers une trame classique, le film de Daniel Espinosa tisse une intrigue saisissante, oscillant entre frissons et détours attendus, joliment portée par une ambiance stylisée et souvent étouffante. Globalement sympathique, Life : Origine Inconnue aurait pu être une belle découverte… si seulement il n’y avait pas eu un certain film réalisé par Ridley Scott il y a 38 ans !

Le pitch : À bord de la Station Spatiale Internationale, les six membres d’équipage font l’une des plus importantes découvertes de l’histoire de l’humanité : la toute première preuve d’une vie extraterrestre sur Mars. Alors qu’ils approfondissent leurs recherches, leurs expériences vont avoir des conséquences inattendues, et la forme de vie révélée va s’avérer bien plus intelligente que ce qu’ils pensaient…

Un vaisseau spatial, un équipage sur les nerfs, une vie extraterrestre qui se révèle hyper dangereuse… Non, nous ne sommes pas revenus en 1979 et il ne s’agit pas d’Alien, Le Huitième Passager, de Ridley Scott – soit mon film favori de tous les temps (faut-il le préciser ? oui).
En plein 2017 et accessoirement l’année où Alien va faire son come-back sur grand écran dans quelques semaines, c’est le moment qu’a choisi Sony pour dévoiler le film de Daniel Espinosa, Life : Origine Inconnue. Folie pure ou excès de confiance dans ce projet ? Je ne sais pas quelle est la bonne réponse, mais en voyant le résultat, il m’est un peu difficile de comprendre le but derrière ce film. Tout comme il est difficile de ne pas comparer les deux films qui, à quelques détails près (planète, époques et intentions de l’équipage), se ressemblent énormément. Du culte Alien au plus récent Gravity, en passant par Sunshine ou Interstellar, Daniel Espinosa empreinte volontairement ou non aux autres pour donner forme à une histoire qui, malgré tout, parvient à tenir debout et à se révéler captivante.

En effet, toutes ressemblances misent à part, Life : Origine Inconnue nous entraîne dans un récit certes balisé mais boosté par une tension viscérale qui ne cesse d’évoluer tout au long du film. Après un début effervescent marqué par l’excitation de la découverte et la rencontre des personnages, Life : Origine Inconnue ne perd pas de temps avant d’inverser la vapeur et transformer sa balade spatiale en un huis-clos sombre et sanglant. Daniel Espinosa (Enfant 44, Sécurité Rapprochée…) répond aux attentes évidentes en évitant de tourner autour du pot : si la forme est résolument SF, le fond s’adonne joyeusement à l’horreur. Le film semble assumer le coté très classique de sa trame mais parvient à créer des pics salvateurs, que ce soit à travers des accents gore ou des moments particulièrement stressants. Entre la pression étouffante du huis-clos et l’adrénaline du thriller, Life : Origine Inconnue joue avec nos nerfs dans un environnement déstabilisant où l’absence de gravité et la créature fantastique créent la surprise. Même en enfonçant des portes grandement ouvertes, Daniel Espinosa parvient à ne pas se noyer dans le piège de la facilité et à renouveler un concept devenu conventionnel. Et oui, car si Life : Origine Inconnue se révèle relativement simple jusqu’au final clairement téléphoné, le film fonctionne car il ne s’éparpille jamais et reste concentré autour d’une intrigue linéaire, certes déjà vue – oui – mais narrée avec un rythme féroce et efficace.

Concrètement, si le premier Alien était sorti de nos jours, cela aurait probablement donné Life : Origine Inconnue, la combinaison excitante entre le thriller d’épouvante et de science-fiction qui sait jouer aussi bien du suspens mordant que de la violence graphique – chose qui n’était pas nécessaire en 1979 pour marquer les esprits.
J’avais dit que je ne ferais plus de comparaison, mais finalement c’est bien là le seul intérêt et gros point faible du film : avec une histoire aussi calquée sur le film de Ridley Scott, impossible de passer au travers. De l’écriture des personnages aux visuels qui se nourrissent de l’imagerie des films les plus récents (merci Alfonso, Danny, Christopher et compagnie…), le travail de Daniel Espinosa ressemble à l’œuvre d’un fanboy admiratif qui aurait compilé tout ce qu’il a préféré dans le cinéma SF de ces quarante dernières années pour créer Life : Origine Inconnue. Du coup, le résultat n’est pas déplaisant : porté par un casting solide et une ambiance soignée, le film accroche et maintient en haleine jusqu’aux dernières minutes. Le problème, c’est qu’il est possible de comparer chaque scène (ou presque) à un autre film, rendant l’ensemble finalement très anecdotique et peu mémorable.

Au casting : Jake Gyllenhaal (Nocturnal Animals, Demolition, Everest…) est un excellent acteur, si bon qu’il est facile de reconnaître dans son jeu quand il est impliqué dans son rôle ou non. Et là, il fait le job, sans en donner plus, contrairement à une Rebecca Ferguson (Mission Impossible : Rogue Nation, La Fille du Train…) qui tente de donner le change en se rêvant Ripley des temps modernes. Autour d’eux, si Ryan Reynolds (Criminal : Un Espion dans la Tête…) se démarque en faisant du Deadpool sur les bords, Ariyon Bakare (Jupiter : Le Destin de l’Univers…), Hiroyuki Sanada (Wolverine : Le Combat de l’Immortel…) et Olga Dihovichnaya ferment la cohorte des seconds rôles accessoires.

En conclusion, vite vu et vite digéré, Life : Origine Inconnue est objectivement un bon film qui remplit bien son contrat en jouant avec les codes horrifiques et fantastiques. Porté par une atmosphère angoissante, le film de Daniel Espinosa nous entraîne facilement dans son huis-clos oppressant et hanté par cette créature déterminée. Malheureusement pour lui, on a déjà eu Alien de Ridley Scott avant et la comparaison constante entre les deux films ne fait que desservir le résultat. Dommage.

PS : et pour ceux qui se demandent si Life : Origine Inconnue pourrait être le prequel d’un film sur Venom, le symbiote bien connu dans l’univers Spider-Man (souvenez-vous, mais pas trop, de Spider-Man 3 de Sam Raimi) : Venom est une créature venue d’ailleurs et qui n’a pas vraiment de forme : double check. Et qui agit comme un parasite une fois qu’il a trouvé un hôte : et là, vu la toute fin du film… je dirais que ce n’est pas impossible mais ce serait étonnant quand même ! Affaire à suivre…

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