[CRITIQUE] Marie-Francine, de Valérie Lemercier

Le pitch : Trop vieille pour son mari, de trop dans son boulot, Marie-Francine doit retourner vivre chez ses parents… … à 50 ans ! Infantilisée par eux, c’est pourtant dans la petite boutique de cigarettes électroniques qu’ils vont lui faire tenir, qu’elle va enfin rencontrer Miguel. Miguel, sans oser le lui avouer, est exactement dans la même situation qu’elle. Comment vont faire ces deux-là pour abriter leur nouvel amour sans maison, là est la question…

Pour une raison qui m’échappe un peu, Valérie Lemercier est considérée comme une réalisatrice de talent. Autant, je peux comprendre l’engouement quand elle est à l’affiche d’un film, en tant qu’actrice, mais son palmarès en tant que réalisatrice est discutable. En dehors du discret Le Derrière en 1999, puis le succès de Palais Royal ! en 2015, Valérie Lemercier est aussi responsable pour 100% Cachemire, qui a connu un tel flop que le film a été remonté pour une sortie DVD (je n’ai eu le courage que de voir la version cinéma). Alors l’idée d’un nouveau film signé Valérie Lemercier ne m’a pas vraiment fait sauter au plafond, surtout lorsque j’ai découvert la bande-annonce de Marie-Francine. Déjà à ce moment-là, la bande-annonce, animée par la voix d’André Dussolier, me faisait l’effet d’une pub Télérama qui annonçait le film du soir dans les années 80. À l’arrivée, j’ai réalisé que mon pressentiment était juste.

Marie-Francine a un problème frappant qui m’a perturbé dès les premières minutes, pour se confirmer en cours de route : le film de Valérie Lemercier, aussi touchant et drôlounet soit-il, est vieux. Pourtant, Marie-Francine est plaisant : j’ai aimé découvrir cette femme cinquantenaire contrainte de retourner vivre chez ses parents, puis la petite romance sucrée qui se dessine en cours de route n’était pas pour me déplaire. Au fur et à mesure que son personnage touche le fond puis se reconstruit, Valérie Lemercier narre à merveille l’évolution de l’héroïne à travers ses relations avec les autres (dont des enfants insupportables et une sœur… jumelle !), dans lesquelles on peut se retrouver quelque soit notre âge. Le ton est léger, les personnages et situations semblent également accessibles, on est loin de la caricature du bobo parisien qu’on peut retrouver ailleurs, et j’ai apprécié le coté maladroit de ce personnage pas brisé mais courbu, finalement.

Cependant, l’ensemble est tellement… ringard ! Ce n’est pas l’héroïne et son air défraîchi, ni sa cohabitation avec ses parents quasiment gâteux (aux interventions lourdes) qui aident à moderniser le film. Tout semble daté, passé et terne : l’humour, les personnages, les cadres… Marie-Francine ressemble à un vieux film français qui a été remastérisé pour affiner le grain de l’image. Sans véritable enjeu et prévisible à souhait, Marie-Francine se repose sur un personnage convenu qui attend gentiment d’être sauver par l’amour, avec le dynamisme d’un escargot malade. Si le film de Valérie Lemercier n’est pas repoussant, il est difficilement appréciable : l’intention est présente et le travail pour s’éloigner au maximum des stéréotypes des comédies françaises est visible, avec peut-être l’envie d’atteindre ou de représenter un public plus âgé. Mais la sauce ne prend pas vraiment, tant Marie-Francine s’embourbe dans une comédie vieillotte, déjà poussiéreuse avant l’heure, ce qui détonne franchement avec le coté pétillant de la réalisatrice en personne. Décevant, fade et mou, je m’attendais à bien mieux pour Marie-Francine qu’un téléfilm pour maison de retraite. Car le véritable problème est là : si l’héroïne du film a 50 ans, l’humour n’a pas vraiment d’âge. Avec une écriture plus subtile, probablement à double lecture, ou simplement un traitement plus dynamique, Valérie Lemercier aurait pu se débarrasser de l’odeur de naphtaline qui plombe son film pour livrer une comédie ouverte et moins centrée sur le public visé. Mais bon, si on accepte bien les films pour adolescents, alors pourquoi pas les films pour… personnes âgées plus vieilles matures ?

Au casting, Valérie Lemercier (Les Vacances du Petit Nicolas, Main Dans La Main, Astérix et Obélix : Au Service de sa Majesté…) est également devant la caméra pour nous faire voir double, à ses cotés un ensemble un peu à l’image du film : désuet, tel que Hélène Vincent (Le Petit Locataire, Samba…) et Philippe Laudenback (À Fond, Candice Renoir…), ou encore l’agaçante Nadège Beausson-Diagne (Rien à Déclarer, Agathe Cléry…) et Marie Petiot en gamine ingrate. Seul exploit au tableau, Patrick Timsit (Dalida, La Dream Team…), que l’on retrouve pour une fois digeste et mesuré.

En conclusion, on a connu Valérie Lemercier plus gaie et plus moderne… surtout quand elle dirigée par un autre. Quelle tristesse que de découvrir un univers aussi viellot et poussiéreux dans Marie-Francine. À éviter.

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