[CRITIQUE] Transformers – The Last Knight, de Michael Bay

Les robots sont de retour et prêts à en découdre dans un cinquième opus. Plus posé mais toujours déterminé à divertir à l’échelle XXL, Michael Bay livre un film bien plus digeste que le précédent et tente d’égrainer une histoire originale entrecoupée d’actions explosives. Le show est au rendez-vous, toujours aussi ahurissant et porté par un ton à la fois assumé et excessif, cependant Transformers – The Last Knight ne parvient pas toujours à trouver le bon équilibre entre le divertissement un minimum crédible et le spectacle à tendance bordélique qui traverse un ensemble encore bancal. Recette éventée ou besoin de renouveau coté réalisation ? La question se pose, malgré des efforts tout de même notables.

Le pitch : The Last Knight fait voler en éclats les mythes essentiels de la franchise Transformers, et redéfinit ce que signifie être un héros. Humains et Transformers sont en guerre. Optimus Prime n’est plus là… La clé de notre salut est enfouie dans les secrets du passé, dans l’histoire cachée des Transformers sur Terre. Sauver notre monde sera la mission d’une alliance inattendue : Cade Yeager, Bumblebee, un Lord anglais et un professeur d’Oxford. Il arrive un moment, dans la vie de chacun, où l’on se doit de faire la différence. Dans Transformers: The Last Knight, les victimes deviendront les héros. Les héros deviendront les méchants. Un seul monde survivra : le leur… ou le nôtre.

En 2014, Michael Bay (13 Hours, No pain No Gain…) avait rebooté sa saga Transformers avec un quatrième volet sous-titré L’Âge de l’Extinction : un film poussif, trop long qui emprisonnait son spectateur dans plus d’une heure d’action non-stop, aussi étourdissante que fouillis. C’était en tout cas mon principal reproche pour le film précédent : trop d’action, trop de fils conducteurs foutraques dans une intrigue peu soutenue.
Avant de proposer une nouvelle suite, le réalisateur a réuni environ 14 scénaristes pour plancher sur une suite, avant de retenir le scénario de Transformers – The Last Knight écrit à trois mains. Alors que les premiers films reposaient déjà sur la présence des Autobots et autre Decepticons sur Terre dès l’aube de l’humanité, cette fois Michael Bay décide de les lier à l’Histoire, plus particulièrement à la légende du Roi Arthur dans le cas présent. Une idée farfelue sur le papier, mais pourquoi pas ? Après tout, le concept des Transformers est déjà surréaliste, tous les délires sont permis et pour le coup, le film de Michael Bay parvient à se reposer sur ce début d’intrigue pour construire une histoire, certes pas vraiment crédible, mais suffisamment entraînante pour y adhérer.

Transformers – The Last Knight retrouve Cage Yeager, le héros du film précédent, en protecteur auto-proclamé des Autobots, cette fois sans famille mise à part la ménagerie de robots en tout genre qui vit avec lui en cachette. Au-delà de la crédibilité de l’histoire, Michael Bay s’attache beaucoup plus à la narration, tout en introduisant de nouveaux personnages, anecdotiques ou non, avant de véritablement entrer dans le vif du sujet. L’ambiance post-apocalyptique du film détonne avec le traitement moderne et effervescent, mais finalement toujours aussi musclé. En effet, Transformers – The Last Knight ne perd pas de temps avant de faire entrer les stars du film dans l’arène : Bumblebee, Optimus Prime et Megatron en tête d’affiche, pour une énième bataille métallique.

Ce que j’ai aimé, c’est que le film n’est pas une avalanche imbuvable d’action comme le dernier. Michael Bay apprend de ses erreurs (oui, oui !) et installe ses personnages à travers son intrigue chevaleresque, dans une ambiance toujours aussi décalée entre comédie et SF. Si on peut lui reprocher des seconds rôles effacés, il faut tout de même reconnaître que Transformers – The Last Knight évite de s’embourber dans les pièges narratifs habituels (l’actrice principale est sexy mais ne se laisse pas réduire à un simple physique, par exemple). Cette tentative d’approfondir l’histoire permet de canaliser l’énergie du film et de le rendre plus digeste et accessible.

Cependant, là où il y a des points positifs, il y a également pas mal de défauts. Mais finalement, plus j’y pense et plus je me dis que le problème va au-delà de la réalisation ou du scénario de Transformers – The Last Knight. Je me posais déjà la question il y a 3 ans : peut-on reprocher à Michael Bay de faire du Michael Bay ? On connait et apprécie malgré tout ce réalisateur pour sa patte bourrine qu’il parvient parfois à orienter vers un résultat plus abouti (comme le récent 13 Hours ou encore, souvenons-nous, The Island, Armageddon ou encore Bad Boys…), mais quand il s’agit de Transfomers, Michael Bay semble partagé entre son envie de bien faire et l’envie de s’amuser avec ses robots. Et c’est là tout le problème, finalement : Transformers – The Last Knight, comme le film précédent, cherche bien trop à se prendre au sérieux, ce qui détonne avec le concept même. À l’instar d’une saga telle que Fast and Furious qui assume son caractère exagéré pour se focaliser sur son sens du spectacle, les films de Michael Bay tentent encore et toujours de rester terre-à-terre, tout en voulant quand même s’éclater et en mettre plein la vue en sortant l’artillerie lourde.

Seulement voilà, si dans la première série avec Shia LaBeouf, les Transformers proposaient des films purement pop-corn et destiné à un public large, allant de la cible adolescente jusqu’aux fans de blockbusters à destructions massive, depuis que Michael Bay a assombri le décor de ses films dans le reboot non dissimulé qu’était L’Âge de l’Extinction, sa volonté d’être pris au sérieux contraste avec le concept des films Transformers.
Du coup, Transformers – The Last Knight et Michael Bay piétinent dans ce positionnement instable et ça se voit dans tous les aspects, ou presque, du film. Si les personnages sont plus présents, beaucoup restent superficiels ou anecdotiques (pour ne pas dire inutile quand Bay persiste à rappeler d’anciens personnages inutiles). Quand le film tente de construire une trame solide, il a tendance à combler les creux avec des scènes hyper bavardes et inconsistantes, tandis que visuellement, Michael Bay n’arrive toujours pas à choisir ses angles et s’obstine à faire des plans serrés sur ses robots en pleine transformation. De même, j’apprécie que le film éparpille ses scènes d’action tout au long du film, avant le combat final, je note également que le placement intempestif de produits se fait plus discret, mais ce que je vois de façon bien plus évidente, ce sont les « emprunts » que Transformers – The Last Knight fait à d’autres films : Robocop, Indiana Jones, Star Wars, Tomb Raider et même Suicide Squad Les « références » sont nombreuses et peu subtiles, ce qui, venant de Michael Bay, reste assez étonnant étant donné que ce réalisateur possède déjà un propre univers assez fourni !
Finalement, je finis par me demander s’il ne faudrait pas un nouveau souffle aux films Transformers, quitte à persister en proposant de nouvelles suites, pourquoi ne pas changer de réalisateur ? En effet, je pense que Michael Bay est bien trop attaché à son « bébé » et son manque de recul nuit à la saga, alors qu’il continue de ressasser les mêmes storylines à l’infini. On aura beau changer les personnages humains, voir Optimus Prime et Megatron se tirer les cheveux entre la Terre et Cybertron, au bout d’un moment, ça lasse, malgré une réserve apparemment inépuisable de robots interchangeables.

Globalement, Transformers – The Last Knight est fidèle à ses promesses et mieux fichu que le film précédent. Le divertissement est là, le spectacle explose régulièrement pour maintenir en haleine. Filmé directement avec une caméra IMAX 3D, Michael Bay soigne l’image et la photographie de son film, afin de rendre les affrontements plus fluides et plus lisibles. Cependant, à force de vouloir faire à la fois du divertissement pop-corn et un film catastrophe, Michael Bay s’emmêle les pinceaux et livre un ensemble bancal qui ne satisfait jamais pleinement, tant on ne sait pas s’il faut rire face à ses excès surréalistes ou grimacer devant un traitement parfois grossier. Je reste mitigée.
Et puis zut : on nous avait promis un film 100% robots, non ?

Au casting, on y retrouve Mark Wahlberg (Deepwater, Very Bad Dads, Ted 2…), moins clownesque que dans le film précédent, probablement parce que son rôle de père est mis entre parenthèse. À ses cotés, Megan Fox Olivia Wilde Laura Haddock (Les Gardiens de la Galaxie et sa suite…) prend la relève, incarnant la bombe du film et Anthony Hopkins (Manipulations, Prémonitions, Noé…) choisit de s’illustrer dans un film Transformers après avoir fait comprendre qu’il se trouvait trop bien pour Marvel… (hum-hum, bien joué, Tony).
À l’affiche également, des retrouvailles pas vraiment intéressantes avec un Stanley Tucci (La Belle et la Bête, Hunger Games, Spotlight…) déguisé, un Josh Duhamel (11/22/63…) transparent et un John Turturro (Apprenti Gigolo, Exodus…) agaçant, tandis que de nouveaux visages anecdotiques font de la figuration, dont la jeune Isabela Moner (100 Choses à Faire Avant le Lycée…), Santiago Cabrera (The Mindy Project, Big Little Lies…) et Jerrod Carmichael (Nos Pires Voisins 2…) qui passent étrangement à la trappe pendant une bonne partie du film.
Ah, et Omar Sy est également de la partie et très facile à reconnaître !

En conclusion, Michael Bay livre une suite plus structurée, rythmée et digeste. Toujours prêt à rouler des mécaniques, Transformers – The Last Knight assure le show pour un divertissement toujours aussi explosif. Cependant, la maîtrise continue de manquer à l’appel, tant le film oscille en permanence entre la légèreté du blockbuster estival et le sérieux du film catastrophe. Il va falloir se décider ! À tenter.

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