[CRITIQUE] Spider-Man : Homecoming, de Jon Watts

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Fun, léger et, surtout, original, la nouvelle version de Spider-Man au cinéma parvient à proposer du neuf dans une saga déjà revisitée 5 fois en 15 ans ! Jon Watts livre un film jeune, divertissant et enthousiaste, parvenant enfin à livrer le Peter Parker trublion et attachant qu’on attendait, sans pour autant délaisser son alter-ego qu’il ose déplacer loin des buildings de New york. Si le film ne parvient pas à se détacher de l’ombre imposante du Marvel Cinematic Universe et commet un petit impair en fin de parcours, il bénéficie tout de même de la super-recette calibrée de Marvel Studios, faisant de Spider-Man : Homecoming un des petits plaisirs assumés de l’été !

Le pitch : Après ses spectaculaires débuts dans Captain America : Civil War, le jeune Peter Parker découvre peu à peu sa nouvelle identité, celle de Spider-Man, le super-héros lanceur de toile. Galvanisé par son expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui auprès de sa tante May, sous l’œil attentif de son nouveau mentor, Tony Stark. Il s’efforce de reprendre sa vie d’avant, mais au fond de lui, Peter rêve de se prouver qu’il est plus que le sympathique super héros du quartier. L’apparition d’un nouvel ennemi, le Vautour, va mettre en danger tout ce qui compte pour lui…

Spider-Man est donc « de retour » chez Marvel (studios), mais pas totalement puisque Sony garde la main sur le Spiderverse et compte bien continuer à explorer l’univers de l’homme-araignée (avec notamment le film Venom, annoncé pour 2018, avec – ah ! – Tom Hardy dans le rôle d’Eddie Brock). En attendant, ce nouveau Spider-Man, qui a déjà eu l’occasion de faire son entrée dans le MCU avec Captain America – Civil War en 2016, s’offre son deuxième reboot avec le très attendu Spider-Man: Homecoming.

Tout d’abord, deux très bonnes idées  de départ font que le film de Jon Watts (Clown…) attire l’attention : Spider-Man : Homecoming ne nous ressert pas la sempiternelle origin story qui retrace comment Peter Parker est devenu Spider-Man et évite ainsi la redite (l’ado bousculé dans les couloirs, la mort d’Oncle Ben,… le Bouffon Vert !) en nous plongeant directement dans le quotidien de ce héros déjà bien connu. Ensuite, le film choisit de conserver un ton très jeune, d’une part en mixant deux générations Spider-Man, la version classique et la version Amazing/Ultimate, permettant de rafraîchir une histoire qu’on pense déjà connaître par cœur et d’intégrer de nouveaux personnages prometteurs.
Si les Studios Marvel ont la fâcheuse tendance à aligner tous leurs personnages dans un format familial et décontracté, en ignorant les traits de caractères et les univers parfois plus sérieux ou sombres des versions comics de leurs héros (j’en parlais encore au moment de la sortie de Doctor Strange), cette fois, leur recette magique sied parfaitement à Spider-Man: Homecoming. Drôle et porté par une énergie débordante, le film de Jon Watts n’est pas seulement une nouvelle aventure de Spider-Man, c’est aussi la (re)découverte d’un Peter Parker qui correspond non seulement à mes attentes mais colle aussi parfaitement à l’image voulue de ce héros. En effet, si l’homme-araignée est aussi apprécié parmi les super-héros des comics (tous confondus), c’est aussi parce qu’il s’agit avant tout d’un adolescent que la vie n’a pas épargné et dont l’histoire a fait écho aux nombreux lecteurs (et au profil cliché du lecteur de comics à l’époque). C’est donc en toute logique que le film s’amorce avec un personnage encore survolté après son expérience parmi les Avengers, devenant le parfait reflet des fans face à l’écran, entre excitation et besoin de reconnaissance dévorante.

Spider-Man : Homecoming part donc à la rencontre de Peter Parker, déjà à l’aise avec ses pouvoirs mais pas encore responsable (*wink wink*). Jon Watts évite brillamment les sujets déjà vus pour se focaliser sur son personnage haut en couleurs, à la fois maladroit, touchant et pourtant convaincant dès que son alter-ego entre en action. La tonalité adolescente du film est rafraîchissante, et même si on brasse des sujets parfois simplistes et attendus (amitié, romance…), l’intrigue ne s’attarde jamais dessus, trop occupée à cultiver son personnage et surtout la menace qui gronde en parallèle.
En effet, à travers Le Vautour, Spider-Man : Homecoming continue de s’inscrire dans le MCU en faisant de son vilain une des victimes collatérales des Avengers. Ce super-méchant habité par la vengeance ajoute une touche de noirceur discrète mais suffisamment intéressante pour permettre au film de gagner en profondeur, dans son tableau hyper léger aux allures de teen drama (quand même moins superficiel que le récent Power Rangers). Certes, Jon Watts livre un film relativement prévisible et essentiellement fait pour divertir, il réserve tout de même de sacrés bonnes surprises qui évitent à l’ensemble de passer inaperçu. D’ailleurs, le film parvient tellement à nous conforter dans sa narration calibrée qu’on ne voit même pas arriver un énorme twist – pourtant hyper évident après coup – preuve que Spider-Man : Homecoming embarque facilement son spectateur dans un récit à la fois familier, dynamique et efficace.

En effet, coté scénario, Spider-Man : Homecoming offre pas mal de twists et autres révélations surprenantes (nous en parlerons plus tard 😝), mais c’est finalement dans le visuel que ce nouvel opus se démarque. New-Yorkais par nature, les films de Sam Raimi puis de Marc Webb se situaient toujours l’action dans la Grande Pomme. Jon Watts prend des risques et innove en retirant son héros de son « habitat naturel », permettant ainsi de prouver que Spider-Man n’est pas uniquement bon à se balancer d’un building à un autre. Une trouvaille parmi tant d’autres qui rendent Spider-Man : Homecoming original : à aucun moment (ou presque) je ne me suis dit « oh, on a déjà vu ça chez Raimi ou Webb », car chaque scène d’action s’offre un terrain de jeu différent, obligeant le héros à proposer autre chose et forçant le réalisateur a proposer une mise en scène nouvelle. À l’époque, le Spider-Man 2 de Sam Raimi décoiffait avec ses scènes de voltiges spectaculaires. Ici, si la version de Jon Watts a parfois du mal à rendre les déplacements du héros réaliste, l’action est boostée par la personnalité attachante, un poil excessive de son héros, et une trame dynamique qui accroche du début à la fin.
Même s’il s’agit du sixième film sur l’homme-araignée, la version de Jon Watts joue la carte de la différence en intégrant le petit dernier de la bande dans une approche plus accessible, mais surtout totalement décontractée. Spider-Man : Homecoming assume son statut de petit bébé de la bande en collant continuellement aux basques de son grand frère qu’il cherche à impressionner (Civil War, représenté par la présence de Tony Stark dans le film, finalement pas si envahissant que ça), tout en remplissant le contrat tacite demandé par le personnage de Peter Parker : le besoin de reconnaissance vs l’envie de faire ses preuves pour être accepté dans la cour des grands.

Cependant, si le film de Jon Watts offre un excellent divertissement, certains risquent de grincer des dents. Entre des révélations sur certains personnages et l’absence d’enjeu lié au MCU, Spider-Man : Homecoming reste tout de même très safe et capitalise beaucoup sur son prologue Civil War. Cela rassure et assure un film aux codes familiers qui séduiront un large public… et feront saliver les haters qui y verront encore la simplicité confortable d’un Marvel. Même si ce n’est pas totalement faux, il faut bien rappeler que le vrai prochain film du MCU reste bel et bien Thor : Ragnarok, cette nouvelle version de Spidey n’est finalement là que pour « réhabiliter » un héros devenu bien trop sérieux et torturé sur grand écran (merci Andrew…) dans un pop-corn movie assumé, aux allures de coup de poker, et capable de se suffire. En effet, il ne faut pas oublier que Marvel Studios n’a pas entièrement la main sur l’univers de Spider-Man (un peu comme pour Hulk) et que ce héros en est déjà à son deuxième reboot. Les têtus loueront Sam Raimi, certains continueront de croire au potentiel avorté de TASM, mais Spider-Man : Homecoming démarre une nouvelle saga qui, une fois la pression retombée (si le succès est au rendez-vous), pourrait bien ouvrir les portes prometteuses sur un Spiderverse déjà discrètement teasé dans cet opus 😜

Au casting : il n’y a pas de doute, Tom Holland EST Peter Parker (The Lost City Of Z, Captain America : Civil WarAu Cœur de l’Océan...). Le jeune acteur a beaucoup de pression et d’espoir sur ses épaules, ça se voit car l’écriture de son personnage est chargée, mais derrière toute son exubérance et sa bonne volonté à peine voilé, Tom Holland s’en sort remarquablement bien en incarnant un personnage accessible et surtout hyper attachant et drôle. Face à lui, deux très bons acteurs : Robert Downey Jr (Avengers – L’Ère d’UltronChefLe Juge...) n’a plus rien à prouver dans la peau de Tony Stark et sa présence est beaucoup moins cannibale que ce que je craignais, tandis que Michael Keaton (Le FondateurSpotlightNeed For Speed...) incarne un vilain génial… mais en même temps, après Batman et Birdman, il faut dire que les ailes lui vont toujours remarquablement bien ^^
À l’affiche également, beaucoup de nouveautés : la fameuse Tante May rajeunit d’un coup sous les traits de la pétillante Marisa Tomei (The Big Short, Crazy, Stupid, Love…), Zendaya (Agent K.C., Black-ish…) joue la carte de la punchline et dénote de son image disney-like, mais c’est surtout Jacob Batalon qui se démarque en side-kick sympathique, tandis que Laura Harrier et Tony Revolori (La Cinquième Vague…) complètent un ensemble attachant.
Il y a également quelques surprises et caméo, mais… on en reparle bientôt !

En conclusion, avec Spider-Man : Homecoming, Marvel Studios s’offre une parenthèse estivale et objectivement sans véritable impact au niveau du MCU (quoique…), juste pour le plaisir de se réapproprier un des héros phares de Marvel. Solaire, fun et super drôle, le film de Jon Watts est une invitation à la détente et à la bonne humeur, idéal pour l’été et à voir sans modération.

PS : Tendez l’oreille dès le début, gardez les yeux ouverts pendant le film et, bien sûr, on ne bouge pas de son siège jusqu’à la toute fin du générique (2 scènes bonus).

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