[CRITIQUE] Baby Driver, d’Edgar Wright

Pour cette review, c’est Aguendia (futur réalisateur de talent) qui donne son avis 🙂  

Un nouveau film signé par l’éminent Edgar Wright est toujours attendu avec une excitation plus que fébrile dans les cercles de cinéphiles à tendance geek. Le prodige britannique avait en un seul film imposé son statut de cinéaste incontournable, et chacune de ses suivantes réalisations jouissent de cette aura, malgré leur portée relativement niche. N’ayant jamais goûté au succès populaire et commercial, Edgar Wright était prêt à l’affirmer avec sa collaboration avec les studios Marvel avec Ant-Man. Citant de grandes divergences d’ordre créatif, le réalisateur quitta le projet qu’il préparait depuis huit ans, amer de cette expérience frustrante. Baby Driver signe donc son grand retour.

Nous suivons donc les aventures musicales et criminelles de Baby (Ansel Elgort), un jeune prodige du volant qui est contraint d’officier en tant que conducteur pour des braqueurs de banque dans le but de payer sa dette à l’impitoyable Doc (Kevin Spacey). Ce qui rend Baby si particulier, comme ne manque pas de remarquer différents personnages du films, c’est qu’il est constamment affublé d’oreillettes relié à son iPod. Souffrant d’acouphène depuis un accident de voiture subit durant son enfance, la musique parvient à étouffer les bourdonnements constants qui traverses ses oreilles. Sa vie – et donc tout le film – est rythmé par la musique.

Projet de cœur qu’Edgar Wright rumine depuis ses 22 ans, Baby Driver est un véritable tour de force visuel. Un travail d’orfèvre aussi vibrant qu’impressionnant. S’éloignant des effets visuels cartoonesques de son Scott Pilgrim, le réalisateur parvient à retranscrire ce même état d’esprit en privilégiant une approche plus sobre, s’appuyant uniquement sur les mouvements de caméra, les déplacements des acteurs et le montage. Le montage vidéo et la musique sont les stars du film. Sans pour autant tomber dans l’écueil du clip musical, Wright nous offrent des scènes d’actions monté en parfaites harmonie avec les musiques employées par notre personnage principal. Le résultat est tout simplement bluffant, en plus d’être aussi jouissif qu’inventif. Un gimmick qui nourrit le film et lui apporte cette identité qui lui est propre. Le réalisateur à toujours mis en avant sa maîtrise du montage frénétique dans ses précédents, mais ici cette notion participe au concept même du film. On pense parfois aux Gardiens de la Galaxie et son utilisation diégétique de la musique, mais ici le concept est poussé beaucoup plus loin. La playlist est un pur bonheur pour les amateurs de musique. Funk, soul, rock, punk… Tout y passe.

Le problème c’est qu’au niveau de l’histoire et de ses personnages, Baby Driver est bien trop conventionnel. Wright savait jouer des conventions de genre en se les appropriants malicieusement, mais ici cela ne prend pas réellement. Les enjeux dramatiques que le film essaye de développer sonnent creux et une distance se créer avec le spectateur qui préfère attendre la prochaine scène d’action musical. Si Ansel Elgort fait l’affaire en tant que personnage principal, le reste du casting passe presque au rang de silhouette. Et ce n’est pas faute d’avoir essayer de développer les relations et conflits avec les personnages à renfort de scènes de dialogues. Mais ces scènes sont trop évidentes dans leurs intentions, et mettent le film au point mort avant de repartir pour plus d’action. Une maladresse qui contredit la maîtrise que nous avons pu voir jusqu’alors. Même si Jamie Foxx sort un peu du lot, on peut pas en dire de même pour le reste, y compris Kevin Spacey qui n’a pas grand chose à faire ici. La romance naissante entre le personnage de Baby et Debora (Lily James) est aussi une victime collatéral.

Malgré cela, il faut reconnaître que Baby Driver est un film bien singulier avec son identité propre, une vraie ambition de réalisation et un vrai travail de composition qui transpire derrière chaque plan paramétré au millimètre. Malgré une histoire plus que convenue, Baby Driver est une expérience cinématographique plus que stimulante qui mérite d’être pour la multitude de morceaux de bravoures qu’il nous est offert. Si l’ensemble sonne malheureusement un tantinet creux, l’expérience reste toutefois satisfaisante.

La note d’Aguendia : 7/10

***

Le pitch : Chauffeur pour des braqueurs de banque, Baby a un truc pour être le meilleur dans sa partie : il roule au rythme de sa propre playlist. Lorsqu’il rencontre la fille de ses rêves, Baby cherche à mettre fin à ses activités criminelles pour revenir dans le droit chemin. Mais il est forcé de travailler pour un grand patron du crime et le braquage tourne mal… Désormais, sa liberté, son avenir avec la fille qu’il aime et sa vie sont en jeu.

Réalisé par Edgar Wright (Le Dernier Pub Avant la Fin Du Monde, Scott Pilgrim, Shaun of The Dead…)
En salles le 19 juillet 2017
Avec Ansel Elgort (Divergente 3, Men, Women & Children, Nos Étoiles Contraires…), Kevin Spacey (House Of Cards, Comment Tuer Son boss 2…), Lily James (À Vif, Cendrillon…), Jon Hamm (Mad men, We Hot American Summer…), Jamie Foxx (The Amazing Spider-Man 2, Django Unchained…), Jon Bernthal ((Daredevil, Mr Wolff…)…

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