[CRITIQUE] # Pire Soirée, de Lucia Aniello

Le pitch : Cinq amies qui se sont connues à l’université se retrouvent dix ans après pour un week-end entre célibataires à Miami. Une seule règle : tout est permis. Mais avec ce qui arrive à un strip-teaser à cause d’elles, la petite fête va partir en vrille… Que faire face à la gravité de la situation ? Comment s’en sortir ? D’idées stupides en solutions loufoques, c’est l’escalade dans le délire. Au final, si elles s’en sortent, les cinq filles seront plus proches que jamais…

Parmi les buddy movies au féminin qui tentent de surfer sur la même vague que Mes Meilleures Amies et Very Bad Trip, il y a des rares bonnes surprises… et beaucoup de mauvaises surprises. Autant vous dire que dès la bande-annonce, je suis plutôt restée coite devant ce désastre annoncé (#OMG) réalisé par Lucia Aniello (#Nobody) et l’affiche du film ne m’a pas plus rassurée, entre les mimiques des actrices et le #whitewashing flagrant sur Zoë Kravitz.

C’est énervant ces hashtags hin ? J’ai vu le spectacle d’Amelle Chahbi, il y a quelques temps, qui fait un très bon sketch à ce sujet #HorsSujet

Fleurant bon les impôts à payer et le désespoir de pouvoir un jour percer sur le grand écran, le film # Pire Soirée s’encanaille avec un casting rutilant, pour raconter les déboires d’anciennes copines de fac qui partent en virée et se retrouvent avec un cadavre sur les bras (#LeSeum #Déjàvu). Clairement, Lucia Aniello co-signe le scénario et s’est visiblement dit qu’elle pouvait prendre son public pour des buses en pompant joyeusement le principe de Very Bad Things de Peter Berg (#PasCool) pour créer une sous-version féminine où – surprise – les bonnes femmes sont de sortie et prêtes à tout pour sortir de leurs quotidiens trop routiniers (#DéjàVu #DéjàFait #YOLO) !
Si je veux bien accepter les sentiers rebattus et ricaner allègrement à des vannes régressives, j’espérais tout de même que le film, à défaut de proposer une intrigue ultra réchauffée, aurait des trésors d’humour inspirées à se me mettre sous la dent.  #Naïvitay

Non, évidemment je plaisante ! #Owned

Sérieusement, que pouvait-on réellement espérer de ce film qui assemble des ficelles épaisses comme des poutres, sur-vendu avec une tête d’affiche connue pour beaucoup de choses sauf son sens de l’humour (#ScarJo) ? À l’image d’un Bachelorette à peine plus hypée par la présence d’une Avenger, # Pire Soirée nous refourgue une intrigue paresseuse qui oscille entre le téléfilm d’après-midi à peine sulfureux pour satisfaire la ménagère en quête d’exotisme, avec ses personnages coincées dans leurs vies de femmes ou de mères insatisfaites, et une ambition grossière de vouloir se la jouer cool et #djeuns avec des blagues potaches, du festoyage adolescent, un hashtag foireux dans le titre et un peu de coke pour l’esbroufe ! #Ambiance

J’entends déjà les arguments : « Ouiii mais c’est l’été #OSEF », « C’est tellement con que c’en est drôle #LMFAO »L’excuse du film estival pour vacanciers à bon dos, la réalite pure et simple c’est que # Pire Soirée touche le fond et racle le fond des égouts à chaque nouvelle strate d’un scénario déjà bien racoleur, pour livrer un de ces films honteux qui va malheureusement garnir le compte en banque de certains, quitte à pérenniser les comédies outrancières, mal dégrossies et sans âme de cet acabit. Si déjà cette image de la femme qui se dévergonde à travers des clichés faussement féministes et vraiment insultants (« on est des oufs » = vive la coke et les  MST) est agaçante, pour ne pas dire réductrice, Lucia Aniello s’embourbe dans la lourdeur qui ne fait qu’enfoncer le film dans une vaste médiocrité hyper prévisible et surtout lassante (le strip-teaser n’en était pas un #SpoilerAlert, cinq femmes adultes n’ont aucune notion de 1er secours #Narmol…). Le fait de choisir une femme pour réaliser un tel film ne fait que démontrer la vaste hypocrisie du film : si un homme avait été aux manettes, il serait déjà emasculé sur la place publique, tant cet ersatz de film cumule bêtises et autres grossièretés (moqueries répétées autour du surpoids d’un personnage, un peu de saphisme déplacé pour amuser le dernier rang…), tout en sexualisant des personnages féminins qui ressemblent toutes au début d’une blague bien beauf. #Misogynie

Mais là, # Pire Soirée tente de nous duper avec un film de femmes co-écrit et réalisé par une femme (coucou Audrey Dana) en se voulant politiquement incorrect et trashouille, mais en soulignant son propos par les excès avilissants de ses personnages, le film ne fait que resservir des gimmicks épuisés et rendus creux par la flemmardise affligeante de Lucia Aniello.

# Pire Soirée s’assume à peine et cherche une porte de sortie à l’aveuglette une fois son sac à blagues vidés, à travers une comédie qui n’en finit plus de ramer pour nous faire croire à son concept. Par contre, on peut se réjouir : avec une intrigue similaire, un film français à fait bien mieux cette année #Cocorico

Coté casting, difficile de sauver l’ensemble (les visages sur l’affiche parlent d’eux-même, en même temps) : sans surprise, Scarlett Johansson (Ghost In The Shell, Captain America – Civil War, Le Livre de la Jungle…) parvient à garder un semblant de dignité, tandis que ses acolytes sombrent : d’un coté, Kate Mckinnon (SOS Fantômes, Joyeux Bordel !…) et Jillian Bell (Joyeux Bordel !, Inherent Vice…) acceptent des rôles aussi lourds qu’attendus, de l’autre, Zoë Kravitz (Big Little Lies, Lego Batman – le film, Les Animaux Fantastiques…) et Ilana Glazer (Broad City, The Night Before…) semblent résignées.
À noter également la présence de Demi Moore (Very Good Girls…), Ty Burrell (Modern Family, Le Monde de Dory…) et Colton Haynes (Teen Wolf, Arrow…), tandis que Paul W. Downs  profite de son copinage avec la réalisatrice (co-scénariste) pour fricoter avec une jolie actrice.

En conclusion, du désastre à la catastrophe, # Pire Soirée franchit le pas les yeux fermés. Lucia Aniello signe une comédie médiocre qui se noie dans sa propre bêtise sans jamais réussir à arriver à la cheville des nombreux films dont elle s’inspire grassement (Very Bad Things, Very Bad Trip, Mes Meilleures Amies…) – même les plus mauvais (Bachelorette). À éviter, votre été ne mérite pas ça. #TMTC (oui, on se tutoie maintenant)

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